Personnages du Val d'Arroux et Morvan : le Marquis de La Tour Maubourg.

14/05/2020

Les Forges de Gueugnon trouvent leurs origines au début du XVIII° siècle sous le nom de « Forge, Fourneau et Fonderie de Villefay ». Les termes sont écrits au singulier, car au départ, en 1719, l'entreprise n'occupait que quelques bâtiments.

En 1712, le marquis Jean-Hector de Fay de la Tour Maubourg hérite de la terre de Clessy et d'une partie du territoire de Gueugnon. Il s'installe au château du bourg et choisit le site de sa future usine sur le fief qu'il dénommera « Villefay ».

Mais avant d'en arriver là, le Marquis de la Tour Maubourg eut une existence bien remplie.

Né le 13 mars 1678 au château de La Garde (Haute-Loire), et baptisé en l'église de Saint-Thomas-la-Garde, près de Montbrison (Loire), il entre en 1698 dans la première compagnie des mousquetaires. Trois ans plus tard, on le retrouve sous-lieutenant au régiment du Roy, Il participe à la campagne d'Alsace avec le grade de colonel. Il leva à ses dépens un régiment d'infanterie de son nom,

Puis en 1707, ce sera la campagne de Savoie suivie de la prise de Majorque. Il participe à toutes les campagnes de Louis XIV et de Louis XV.

C'est à cette époque qu'il s'installe à Gueugnon.

En 1718, il est inspecteur général de l'infanterie. Tout en menant les travaux de construction et de développement des forges, il continuera sa carrière militaire puisqu'en février 1719, il commanda, le 16 mars, les troupes que le roi fit avancer sur les côtes maritimes des provinces de Picardie et de Normandie,,

En 1738, il est lieutenant général des Armées. Il est employé à l'armée des Flandres sous les ordres du maréchal de Noailles, puis à l'armée du Rhin sous les ordres du prince de Conti. Il se distingue aux batailles de Ramillies, de Rocourt où il est blessé. Il garde la personne du Roi à la bataille de Lauffeld. Il commande en 1747 la Flandres hollandaise. , en 1754 gouverneur de Saint-Malo et en 1757, il est nommé maréchal de France.

On comprend bien que le Marquis de la Tour Maubourg ne vécut pas constamment à Gueugnon. A certaines époques, ses séjours y furent même épisodiques, Il se maria également 3 fois en 1709, 1716 et 1731. Il eut 3 filles.

Cependant, il fit tout de même bâtir 2 hauts-fourneaux, 3 feux à forges, 3 halles, un moulin et 5 maisons pour abriter la direction et les employés. Il fit aussi creuser un canal dérivant les eaux de l'Arroux pour créer une force motrice. Les écluses et la voirie, la transformation du château près de l'église agrémenté de jardins à la française furent aussi de son fait,

Hélas, à sa mort, le 15 mai 1764, en son château de Gueugnon (il avait 86 ans), son gendre Antoine-Louis Duprat, comte de Barbançon, délaissa totalement Gueugnon, préférant vivre à Paris. Idem pour le fils de ce dernier qui hérita à son tour en 1775. Heureusement le régisseur Pierre Leroux et l'homme d'affaires Henri Choconin de Montigny surent administrer l'usine.

A cette époque, les Forges, qui étaient devenues en 1750 « Forges de Gueugnon », ne comptaient qu'une dizaine d'ouvriers, Ce n'est qu'après 1788, date de rachat par la famille Perrot de Chalon, que l'entreprise prit une véritable envolée technique et commerciale. Puis arriva l'ère Campionnet :

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