Gueugnon -Benoît Payebien, premier instituteur laïque.

16/07/2018

Une vie bien remplie:

Depuis 1867, l'éducation des jeunes Gueugnonnais avait été confiée aux frères maristes. Ils tenaient une école de quatre classes installée en 1882 à l'emplacement de la future école de garçons (photo ci-dessus) devenue plus tard l'école Jean-Macé.

En novembre 1886, Benoît-François Payebien est nommé instituteur public à Gueugnon.

Né le 5 avril 1862 à Cormatin où son père est lui aussi instituteur, il entre à l'Ecole Normale de Mâcon, promotion 1880-1883. Il exerce tout d'abord à Tramayes, puis, titularisé, il enseigne à Donzy-le-National l'année suivante et prend la direction des quatre classes de cette commune. Un de ses frères est instituteur à Cormatin.

Son arrivée à Gueugnon en 1886 n'est pas des plus aisées. On dit même qu'il aurait reçu des pierres ! Nous sommes en pleine ère Campionnet.

François Campionnet est dirigeant des Forges et maire de la ville. Il est favorable à l'école privée catholique. Des documents affirment même que les ouvriers confiant l'éducation de leurs enfants aux religieux y trouvaient des avantages sur leur salaire.

Cependant, Benoît Payebien restera 11 années à Gueugnon. Passionné par son métier mais aussi par la minéralogie, il publiera, avec H. Daviot, ingénieur gueugnonnais, un mémento de géologie et de paléontologie (1896).   

Il sera ensuite nommé directeur de l'école du quartier de Saint-Clément à Mâcon (1897), puis à l'école de la rue de la Préfecture. Il dirige le Cours Complémentaire jusqu'à l' heure de sa retraite (1916)

Débordant d'activité, il confectionne une carte de France en relief et collabore avec un de ses collègues du Cours Complémentaire de Mâcon, C. Chambard, une "Géographie de Saône-et-Loire", puis un "Cours de Géographie" (1916) en usage dans les écoles jusqu'à la seconde Guerre Mondiale.

Tour à tour il devient:

- Président de la Société du Sou des Ecoles de Mâcon,

- Fondateur de l'Autonome de Solidarité de Saône-et-Loire, assurance du corps enseignant (président durant 6 ans),

- Organisateur de patronages scolaires, de cantines, de fêtes scolaires laïques.

- Secrétaire de la Dépêche Socialiste,

- Membre de la Fédération Socialiste de Saône-et-Loire.

Après sa retraite, il créa un internat à Mâcon et il emmenait ses internes collectionner les minéraux lors des promenades dominicales.

Marié à Eugénie Plassard, il aura 7 enfants dont 4 filles qui seront toutes quatre institutrices.

Il mourut en décembre 1927 à l'âge de 65 ans. A ses obsèques, un hommage lui fut rendu par l'inspecteur d'académie et par Pol Meyeur de la section socialiste de Mâcon.