Un métier disparu: les tireurs de sable.

04/10/2018

Un dur labeur.

En visitant l'exposition "Histoires d'eau" organisée à Paray-le-Monial, tour Saint-Nicolas, par l'Amicale des Anciens Parodiens IN.A.KA, notre attention a été attirée par les documents relatant un ancien métier: le tireur de sable.

Nous avons essayé dans savoir plus sur ce dur labeur.

Tireurs de sable :

Sur le cours de la Bourbince, dans la région de Paray-le-Monial, on pratiquait au début du vingtième siècle la pêche au sable. Les tireurs de sable ou sabliers extrayaient le sable afin de le revendre à tour ceux qui en avaient besoin, particuliers ou industriels..

L'extraction se faisait en zone peu profonde et à faible courant grâce à une "queue de singe", gamelle rivetée et percée sur les côtés pour permettre l'évacuation de l'eau, emmanchée sur une longue tige de châtaignier.

Ce sable, lavé, affiné et calibré par le cours d'eau lui-même était très apprécié des maçons qui le brassaient alors avec la chaux.

On l'utilisait aussi pour aérer la terre des jardins ce qui continue à être fait par les maraîchers aujourd'hui encore.

Le sable était dans les premiers temps tiré à la main. Sa toue amarrée à des perches, le tireur de sable maniait une pelle recourbée, la drague à la main, dont le fond est percé de trous.

Il remontait la rivière à la rame ou à la gaffe pour rejoindre la rive où il déchargeait le sable, à l'aide d'une brouette qu'il roulait sur une planche. Il subissait parfois la double peine en allant jusqu'à des carrioles pour y charger le contenu de sa brouette.

Cette activité était très dangereuse. Il y eut de nombreux morts par noyade.

Ces robustes travailleurs devaient aussi dégager le lit de la rivière des accumulations de sédiments qui, en période de décrue, encombraient les eaux.

Ce métier périlleux a inspiré les artistes et les écrivains. Voici deux tableaux sur le sujet: "Le tireur de sable" de Georges François Souillet (Musée des Beaux Arts de Tours) et "Le tireur de sable" d' Eugène Messemin  (musée de la Loire à Cosne). Egalement un roman de Pierre Cousin, intitulé "Le tireur de sable".

Ce métier disparut peu à peu, à l'entre-deux-guerres, avec l'arrivée de la mécanisation.