Un conte de Noël

22/12/2020

Cette année-là , le Père Noël avait distribué beaucoup de jouets. Il les avait donnés à tous les enfants sages .... et aussi aux autres, car ils avaient promis de le devenir.

Il était passé dans toutes les maisons de toutes les villes, de tous les villages, de toutes les plaines et de toutes les montagnes.

Toutes les maisons ? Et bien non ! Le Père Noël en avait oublié une. Il faut dire que ce n'était pas entièrement de sa faute. C'était une toute petite masure, cachée dans les sapins sur le plus haut sommet du Morvan.

Le Père Noël avait pourtant bien regardé à droite puis à gauche et avait dit : "Ouf, c'est fini !" Tordu de fatigue, il s'était laissé tombé dans son traîneau et portés par le vent, ses rênes avaient repris la direction de Rovaniemi, son village de Laponie.

Et voilà comment, dans cette toute petite maison, il y aurait un petit garçon, pourtant très sage, qui n'aurait pas de cadeau.

Ce petit garçon était bien loin de s'en douter et au creux de son lit douillet, il souriait en rêvant à ce qu'il allait découvrir dans son sabot le lendemain matin.

Près de la cheminée, il y avait le chat qui montait la garde. Il ne dormait que d'un oeil et attendait le Père Noël, des fois qu'il lui apporterait aussi un cadeau !

Minuit sonna. le chat se dit : "Tiens, le Père Noël est en retard !" Une heure sonna : "Tiens, tiens, ce n'est pas normal !" Deux heure, trois heure ...." Ah ça ! Le Père Noël ne passera pas cette année !"

Ses grands yeux verts bien ouverts, le chat se mit à réfléchir. Pas de Père Noël, pas de jouet. Que dira le petit garçon qui souriait en rêvant dans son lit ?

Alors, le chat eut une idée. Il sortit de la chambre et se dirigea vers la cuisine où le chien dormait. Il le secoua et lui dit : "Sais-tu que le Père Noël n'est pas venu ?

Le chien ouvrit un oeil et grommela :

- Eh bien, qu'y pouvons-nous ?

- Chien sans coeur, il faut que le petit garçon ait un cadeau !

- Je ne vois pas comment, dit le chien encore engourdi de sommeil.

- Chien sans cervelle ! dit le chat. Heureusement, moi j'ai une idée !

Et il expliqua au chien qui cette fois était tout à fait réveillé :

- Tu vas aller trouver toutes les bêtes de la ferme. Demande-leur ce qu'elles pourraient offrir .

Le chien s'exécuta en commençant par le poulailler.

- Poules noires, poules blanches, que donnerez-vous pour le cadeau du petit garçon que le Père Noël a oublié ?

- Nous, pauvres poules, nous te donnerons nos bons oeufs frais.

Le chien alla ensuite à l'étable.

- Vaches blanches, que donnerez-vous pour le cadeau du petit garçon que le Père Noël a oublié ?

- Nous pauvres vaches, nous te donnerons notre bon lait crémeux.

Le chien se rendit ensuite à l'écurie où vivaoient le cheval et l'âne.

- Et vous, que donnerez-vous pour le cadeau du petit garçon que le Père Noël a oublié ?

- Moi, le pauvre cheval, j'irai chercher du bois dans la forêt.

- Moi, le pauvre âne, je ferai le vent en soufflant sur le feu.

Le chien se dirigea vers les clapiers.

- Et vous les lapins, que donnerez-vous pour le cadeau du petit garçon que le Père Noël a oublié ?

- Nous les pauvres lapins, nous irons cueilles des herbes parfumées dans la rosée.

Le chien alla ensuite vers les ruches.

- Et vous, les abeilles que donnerez-vous pour le cadeau du petit garçon que le Père Noël a oublié ?

- Nous, pauvres abeilles, nous donnerons notre bon miel sucré.

Le chien termina par le grenier où trottaient les souris.

- Et vous, les souris grises, que donnerez-vous pour le cadeau du petit garçon que le Père Noël a oublié ?

- Nous les souris, nous apporterons la farine que nous savons où trouver dans la maison.

Alors le chien vint retrouver le chat et lui fit son rapport. Peu à peu, toutes les bêtes de la ferme arrivèrent avec leurs présents.

Le chat leur expliqua :

- Avec les oeufs, le lait, le miel et les herbes aromatiques, nous ferons un gâteau. avec le bois nous le ferons cuire et l'âne soufflera sur les braises.

Mais qui fera le gâteau ?

- Moi, dit le cochon qui n'avait pas été contacté mais qui était entré à son tour et avait tout entendu. Mais le chat pensa que le cochon n'était pas assez délicat pour cela.

Ce fut le chat lui-même qui fit le travail car, étant souvent dans la cuisine, il avait vu faire la maman du petit garçon lorsqu'elle faisait des pâtisseries.

Quand le gâteau fut cuit - il était bien gonflé, doré et sentait bon - on entendit frapper à la vitre. C'étaient les pigeons qui apportaient sur leurs ailes le gel brillant des arbres. Ils le répandirent sur le gâteau. Ce fut du plus bel effet.

A peine le jour était-il levé que le chat entra dans la chambre. Il eut juste le temps de poser le gâteau près du sabot que le petit garçon ouvrait déjà les yeux. Il s'exclama :

- Oh ! c'est merveilleux !

A travers la fenêtre, on pouvait voir les têtes des bêtes de la ferme, les uns au-dessus des autres, qui regardaient l'enfant qui souriait.