Un 4 juin à Autun.

04/06/2019

1541, des "hérétiques" brûlés sur le champ Saint-Ladre.

Depuis une vingtaine d'années, les idées réformistes se propagent en France. La littérature protestante est de plus en plus abondante, s'accompagnant de la transmission orale. 

En 1541, le roi François 1er conduit les destinées de la France depuis plus de 25 ans. Nous sommes encore loin des répressions de l'époque d'Henri II contre les disciples de Calvin, mais les dernières années du règne de ce roi très chrétien vont être ternies par des exécutions d'hérétiques.

Dans tout le royaume, des actes de vandalisme sont perpétrés contre les objets symboles du culte catholique.

Ainsi, à Autun, le mardi 15 mai 1541, l'église souterraine Saint-Jean-de-la-Grotte, baptistère situé en sous-sol de la cathédrale Saint-Nazaire, est victime des profanateurs. Le tabernacle a été ouvert et les hosties ont été répandues sur le sol.

On crie au sacrilège.

La chasse aux hérétiques est lancée car deux colporteurs ont été vus, quittant Autun en hâte. Le dimanche 22 mai, Pierre Moreau est arrêté à Bussière et ramené dans la cité éduenne où il sera incarcéré.

Le lundi 30 mai, Nicolas Charbonnier, est repéré à Bourbon-Lancy et subira le même sort.

Durant la même période, un notable autunois, le médecin Pierre d'Andozille est lui aussi appréhendé. Ses idées réformistes et sa naissance en pays de Navarre en font un suspect idéal. Mais faut de preuves, il sera relâché.

Quant à nos deux malheureux colporteurs, ils seront conduits au bûcher, sur le champ Saint-Ladre, le samedi 4 juin pour y être brûlés vifs. Sans doute avait-on réuni des preuves de leur culpabilité !