Un 20 décembre à Autun.

20/12/2017

L'Ecole Militaire rouvre ses portes (1944)

L'Ecole Militaire Préparatoire d'Autun, qui avait déjà payé un lourd tribut lors de la première guerre mondiale, sera de nouveau fort éprouvée par 39-45.

Elle connaîtra de nombreux déménagements. A partir de l'année 1940, les élèves et le corps professoral se replieront successivement à Billom, Tulle, Chameyrat puis Valence et le camp de Thol, dans l'Ain..

Durant cette époque, les bâtiments de l'école seront occupés par les troupes allemandes, jusqu'au 8 septembre 1944, date de la libération de la ville d'Autun.

Tout au long de ces années, les élèves de l'Ecole Militaire ont fait preuve d'un courage hors du commun.

Avant même de quitter Autun, un groupe d'élèves de seconde, sous les ordres de l'adjudant-chef Grangenet dit "le Lion" se sont illustrés. Sous le nom des "Fils du Lion", se déplaçant à cheval, il participeront à de nombreuses actions, comme par exemple à Toulon-sur-Arroux où ils attaquent une colonne allemande avant de rejoindre Tulle, ville dans laquelle l'école s'est retirée depuis le 16 juin 1940.

 Un livre, écrit par l'un d'entre-eux (Pierre Livergeois) retrace cet épisode.

Après Billom et Tulle, l'école quitte Chameyrat (Corrèze) pour le Quartier Charreton de Valence, le 26 août 1940.

Le 1er septembre 1943, après 3 ans passés à Valence, 475 élèves rejoindront le camp de Thol, ancien cantonnement du 10° régiment des chasseurs à pied. 

Certains élèves tentèrent de passer, en vain, par l'Espagne, pour rejoindre les troupes françaises en Afrique.

Mais, le 2 mai 1944,  une cinquantaine d'entre-eux était déjà entrée dans la Résistance, au camp Mazaud, du nom de maquisard de Jean Signorini à qui les jeunes furent confiés. Ils étaient basés dans les bois de Priay à partir du 11 avril 1944. Le lieu prit le nom de "camp des enfants de troupe".

Le 3 mai 1944, suite à ces départs au Maquis, l'école sera dissoute. Les plus jeunes élèves retourneront dans leur famille, les plus âgés rejoindront pour la plupart le Maquis de l'Ain, ainsi qu'une partie de l'encadrement, comme le cuisinier Roger Bonnavent, le professeur de philosophie Jacques Pactus dit "Socrate", etc...

Les jeunes maquisards prirent part à de nombreux coups de main à Ambronay, Ambérieu, La Valbonne, Neuville-sur-Ain .....

Parmi ces jeunes, le Belfortin Bernard Gangolff (19 ans) connaîtra une fin tragique. Chargé, avec un groupe, de retarder l'avancée d'une colonne allemande, il recevra plusieurs balles le 11 avril et décédera le 14, après d'atroces souffrances, sans avoir rien révélé aux miliciens qui tentaient de le faire parler, même pas son propre nom. 

En 1985, son nom sera donné au quartier principal abritant l'AMP d'Autun.

L'ecole Militaire Préparatoire réouvrira ses portes le 20 décembre 1944. Les élèves y rapporteront le drapeau de l'EMP qui était devenu le symbole officiel du Maquis du "Camp d'Autun".

Autre événement survenu un 20 décembre:

1400: décès de Nicolas de Tholon, évêque.

Relire notre article du 19 septembre dernier: 

https://www.les-nouvelles-du-val-d-arroux.com/l/un-19-septembre-a-autun/