Personnages du Val-d'Arroux et Morvan (4) - Jules Miot.

04/03/2020

De la pharmacie d'Autun à l'Assemblée Nationale.

Fils de Claude Miot, apothicaire du Roi à Autun, Jules Miot est né dans la cité éduenne le 13 septembre 1809.

Il ouvre sa propre officine à Moulins-Engilbert vers 1832. Mais la petite pharmacie de la Nièvre devient vite le lieu où on échange des idées sur la politique. Il y tient une tribune qui lui vaut une belle réputation mais aussi de nombreux ennemis !

Les royalistes du département se mirent en guerre contre lui.  Elu au conseil municipal de Moulins-Engilbert, il perturbe les séances par ses questions sur la condition des ouvriers, l'hygiène, les salaires. Il fut rapidement en lutte ouverte avec le sous-préfet de Château-Chinon, qui en vint même à dissoudre ce conseil municipal.

Entre temps, Jules Miot avait épousé Marguerite Bert dont il eut deux fils.

En 1946, il vint à Paris pour assister aux réunions des démocrates de la "Nouvelle France".

De retour dans la Nièvre, il fut traqué par les royalistes. Néanmoins, en 1849, il fut élu député de la Nièvre avec 42.351 voix sur 65.811 votants;. Il cède sa pharmacie et s'installe à Paris.

A l'Assemblée Nationale, Jules Miot siège à La Montagne.

Des dénonciations fallacieuses en 1851 le conduisent devant les tribunaux où il est acquitté. Mais suite au coup d'état du 2 décembre 1851, Louis Napoléon Bonaparte le fait arrêter avec 16 autres représentants du peuple. Après quels jours, il est déporté en Algérie.

Gracié en 1860, il fonde à Paris le journal "Le Modéré" et une société secrète anti-bonapartiste. Il est à nouveau arrêté est purge une peine de 3 ans de prison pour complot. 

Il s'installe ensuite à Londres où il adhère à l'Association Internationale des Travailleurs.

Après la proclamation de la Troisième République (septembre 1870, il revient à nouveau à Paris et le 26 mars 1871, il est élu au Conseil de la Commune, il siège à la commission de l'enseignement.

C'est lui qui aura l'idée de la création du Comité de Salut Public.

Après la semaine sanglante de mai 1871, il se réfugie en Suisse après avoir été condamné à mort par le conseil de guerre. 

Après près de 20 années d'exil et de prison au total, il rentre en France suite à l'armistice et mène une vie tranquille et discrète.

Il décède à Adamville en 1883 et est inhumé au Père Lachaise.