Un premier mars:

01/03/2018

Naissance de la municipalité de la Tagnière (1790):

 Par le décret du 14 décembre 1789, l'Assemblée Constituante crée les conditions d'une vie municipale démocratique. Elle instaure les municipalités, les élections et tous les rouages du fonctionnement de nos communes actuelles.

Le choix de la Tagnière, alors que nous aurions pu évoquer n'importe quelle commune de la région, vient du fait que le premier régistre de ce village a été conservé dans un état exceptionnel.

Le village, alors appelé « paroisse », dépend du baillage de Montcenis. Sa population vient d'enregistrer une forte hausse, passant de 300 habitants en 1750 à 626 au début 1789.

L'acte de naissance officiel de la commune se situe le 1er mars 1790 avec l'élection de la première municipalité. Comme stipulé par le décret, instituant les municipalités, un registre a été ouvert la veille de cet événement. Ce décret a donc été appliqué après deux mois et demi, ce qui est remarquable pour l'époque, compte tenu des délais de transmission des nouvelles, de copie et de fabrication. Recouvert de parchemin, réemploi d'une partition de cantique, provenant sans doute de la cure, ce registre municipal reste une formidable sour­ce d'information.


Cette toute première élection s'effectue selon une procédure compliquée : après avoir prêté serment, on élit suc­cessivement un président, un secrétaire et trois scrutateurs qui vont organiser les élections proprement dites, du maire et des officiers municipaux. Seuls votent alors les citoyens « actifs », c'est à dire ceux qui paient une cotisation annuelle égale à deux journées de travail, évaluées localement à douze sous chacune. Dans de nombreux villages, ces taux ont été volontairement abaissés pour qu'un maximum de concitoyens puisse voter. Ils sont 52 à La Tagnière, sur 626 habitants.
Le conseil ou corps municipal comprend un maire, un procureur qui présente les affaires, cinq officiers municipaux, douze notables et un secrétaire-greffier. Le maire issu de ces premières élections sera évidemnent le no­taire, Jean Baptiste Duverne avec comme procureur Jacques Goublot, le boulanger-cabaretier du village, et comme secrétaire-greffier le curé Bar­beret qui officie depuis 1787. Il n' y a d'ailleurs pas de mairie et les séances se tiendront chez des particuliers puis à l'église.

Cette première municipalité sera de courte durée puisque le maire J.B.Duverne démissionne dès le 26 mai 1790, ayant été élu adminis­trateur du district d'Autun. Il donne le ton, car La Tagnière ne connaîtra pas moins de sept municipalités en cinq ans. Le curé Bar­beret dont l'activité de secrétaire consiste essentiellement à reco­pier les "Lettres Patentes du Roi" sur les décrets de l'Assemblée Nationale, quittera lui aussi son poste quelques jours plus tard, le 3 juin, mais sans explications.

(nous nous sommes inspirés du texte de Bertrand Sallard : « la Tagnière sous la Révolution »).