Un 26 avril à Autun

26/04/2018

Naissance de Nicolas Changarnier.(1793)

Né à Autun, le 26 avril 1793, Nicolas-Anne-Théodule Changarnier est considéré comme l'un des meilleurs généraux français de la 2e moitié du XIXe siècle.

Fils de Nicolas Changarnier, juge seigneurial et procureur d'Autun, son père est emprisonné au moment de sa naissance, accusé par la République, en tant que royaliste d'être un ennemi de la Révolution. C'est donc sa grand-mère, Anne Changarnier qui est allée déclarer cette naissance en mairie d'Autun.

Après la Révolution, ce père deviendra député des Cinq Cents.

Sorti de Saint-Cyr en 1815, Nicolas Changrenier (fils) entra en service le 10 janvier 1815 comme garde-lieutenant dans l'ex-garde du corps du Roi, compagnie de Wagram, d'où il passa lieutenant dans la légion départementale de l'Yonne, devenue le 60e régiment d'infanterie de ligne.

Il se distingua dans la campagne espagnole de 1823, où le maréchal Moncey le signala comme s'étant particulièrement distingué dans les combats de Jorda et de Caldès. Il dispersa avec un faible détachement une grossse partie de la cavalerie espagnole et s'empara du cheval du chef de cette troupe après l'avoir tué de sa main.

Il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur le 1er novembre 1823, et lieutenant dans la garde royale le 9 octobre 1825.

Il devint ensuite capitaine au 2e régiment d'infanterie légère le 28 décembre 1828.

Il doit ce rapide avancement à plusieurs de ses actions d'éclat, à la pointe de l'épée.

Il débarque, en 1830, en Afrique, et prend part à l'expédition d'Alger. Ses premières campagnes sur la terre algérienne n'offrent aucun trait saillant.

Parti avec son bataillon pour la province d'Oran en novembre 1835, il se fait remarquer à l'avant-garde de la brigade Oudinot, à l'engagement de Sidi Embarek.

Nommé chef de bataillon , il se conduit brillamment à la première expédition de Constantine en 1836. C'est là qu'il aurait, le 24 novembre, prononcé la phrase pour encourager ses troupes : "Soldats, ils sont six mille, vous êtes trois cents. La partie est donc égale. Regardez-les en face et tirez juste", son bataillon vit venir sur lui six mille goumiers arabes. Ses trois cents braves tinrent en échec les assaillants, en tuèrent un bon nombre et forcèrent le reste à s'enfuir. 

Le commandant Changrenier est fait lieutenant-colonel, et vient passer quelques mois à Autun, sa ville natale, qui le reçoit avec enthousiasme et fait exécuter un tableau reproduisant ces faits d'armes. Rentré en Afrique, Changarnier reçoit le commandement du camp du Fondouck, point alors très important, à l'Est d'Alger.

Le 29 janvier 1840, le colonel Changarnier, à la tête de 430 hommes, remporte une victoire sur plusieurs milliers de combattants kabyles

En 1841, à Médéa, il reçoit à bout portant une blessure à l'épaule. On le croit mort. Mais il refuse de quitter le commandement, remonte à cheval et poursuit le combat.

Son audace et sa grande bravoure le font adorer des soldats.


Mais il va commettre l'imprudence de se mêler des affaires politiques, tantôt se rapprochant des bonapartistes, tantôt des royalistes. Rentré en France en 1848, il refuse le ministère de la guerre. 

Le 4 juin 1848, paré du prestige de l'uniforme, il est élu député de la Seine.

 Il sera candidat à l'élection présidentielle du 10 décembre 1848. Ennemi avoué des institutions républicaines, il est toutefois nommé député des Bouches-du-Rhône, de la Somme et de la Seine-et-Oise en 1849. Lors du coup d'état du 2 décembre 1851, il est arrêté et enfermé à la prison Mazas de Paris.

Expulsé le 9 janvier 1852, Nicolas Changarnier va revenir en France, après six années d'exil, puis se retire dans ses terres autunoises, pour n'en sortir qu'en juillet 1870, à la déclaration de guerre, pour solliciter un commandement qui lui est alors refusé. 

Mais Napoléon III va changer d'avis, et adjoindre Nicolas Changarnier à la campagne.

Il est élu le 8 février 1871, député de Saône-et-Loire, constitue un petit groupe de députés royalistes, et participe à une commission chargée d'élaborer une constitution monarchique. Il devient le 10 décembre 1875, sénateur. 

Il meurt à Versailles le 14 février 1877 d'une attaque d'apoplexie.

  • Un village d'Algérie situé sur la commune d'Hoceinia à 110 km à l'ouest d'Alger a porté son nom pendant la période coloniale. Aujourd'hui Oued Zebboudj.

  • Le quartier militaire du collège militaire d'Autun porte son nom.