Un 9 novembre à Arnay-le-Duc

09/11/2017

Naissance de Charles Theveneau de Morande (1741)

 Charles Theveneau, qui s'intitulera plus tard "Chevalier de Morande", est né le 9 novembre 1741 à Arnay-le-Duc. Fils de Louis Theveneau, notaire royal, et de Philiberte Belin, il est également petit-fils de chirurgien.

Hélas, il fait vite la honte de sa famille par des filouteries et sa facilité à dépenser l'argent de son père. Poussé par ce dernier, il entre dans le régiment de dragons de Beaufremont. Il est blessé à Lipstad.

Il se rend alors à Paris en mai 1764, où il vit d'escroqueries, de libertinage, allant même jusqu'à enlever des jeunes femmes fortunées, en plumant d'autres avec souvent une attitude violente.

Son père obtient une lettre de cachet et Theveneau est mis en prison à Saint-Lazare, puis à Armentières, où il passera dix mois et dix-huit jours.

Libéré, il commet de nouvelles fredaines, et quitte Paris afin d'échapper à la justice, pour se rendre en Angleterre, où il fait de très mauvaises connaissances. Il écrit quelques anecdotes scandaleuses concernant la Cour de France. Son « Gazetier cuirassé » (1771). qui n'est rien d'autre qu'un pamphlet ou encore ses "Mémoires secrets d'une femme publique", où Mme Du Barry était sa victime, font fureur. Les libraires londoniens le paient cher pour pouvoir diffuser ses écrits.

A la demande de Louis XV, Beaumarchais se rendit à Londres en mars 1774 pour supprimer ces Mémoires.

Théveneau de Morande devint alors l'espion et l'agent personnel de Beaumarchais. A Londres, il fréquente le milieu des hommes politiques et des journalistes. Ce sont là pour lui d'importantes années d'apprentissage avant de devenir en 1784 rédacteur en chef du Courier de l'Europe.

En 1783, il aide la police française à supprimer des libelles en passe de paraître à Londres (voir Pelleport, Le Diable dans un bénitier). En récompense, on l'autorise à rentrer en France. Cependant, il n'y retournera qu'en mai 1791.

Theveneau est toujours criblé de dettes et poursuivi par ses créanciers. Or la vente du « pamphlet allégorique, satirique et licencieux » qu'est le Gazetier cuirassé lui rapporte 1000 guinées . Ceci l'incite à former le projet de vivre de ses écrits. Et, de Londres, il en vient à menacer un certain nombre de personnalités parisiennes et versaillaises «d'imprimer des anecdotes secrètes et scandaleuses sur leur compte», si elles n'acceptent pas la «rançon» imposée. C'est ainsi qu'en 1774, il répand le prospectus des Mémoires secrets d'une femme publique (il s'agit de Mme Du Barry), dont il espère faire acheter l'édition par les parties intéressées.

A partir de 1781, Theveneau est rémunéré par le gouvernement français pour services rendus. Cependant, ses affaires continuent d'être fort embrouillées. Après sa fuite en Bourgogne, Beaumarchais intervient pour sauver sa famille de la détresse mais toujours égal à lui-même, Theveneau fait la sourde oreille, quand, après son exil, Beaumarchais réclame, en 1798, le remboursement des sommes qu'il lui avait avancées par le passé.

Theveneau s'est acquis une fort mauvaise réputation par son trafic de libelles.

On aurait cependant tort de ne voir en lui qu'un représentant de la racaille française qui fréquentait Londres au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle. Il s'est familiarisé avec la presse anglaise et il a même envoyé des articles aux journaux anglais. La création en 1776 d'un journal londonien rédigé en français -le Courier de l'Europe - a éveillé son intérêt et ses aspirations. Et c'est dans le Courier qu'il a donné sa mesure comme journaliste. Il a été le rédacteur en chef de ce journal entre 1784 et 1791. A Londres, il était pendant la guerre franco-anglaise espion et agent secret, rémunéré entre autres par le gouvernement français.

Passons maintenant à une activité journalistique bien autrement importante. Ce n'est pas pour rien que Theveneau a passé 18 ans en Angleterre. Il a acquis une connaissance impressionnante des affaires du temps et il met son expérience politique au service de ses lecteurs.

En Angleterre, il a joué, comme pédagogue en matière politique, le grand rôle de sa vie. En 1791, à Paris, il pourra étudier sur place cette Révolution qui l'avait exalté malgré son royalisme et confier ses réflexions à un nouveau journal de sa façon, L'Argus patriote (9 juin 1791 - 31 mai 1792).

Charles Theveneau meurt à Arnay le 6 juillet 1805.


D'autres 9 novembre:

1837: Antoine Bard, général de la Révolution, décède à Toulon-sur-Arroux,

1850: à Saint-Prix, le braconnier Claude Montcharmont tue le garde champêtre Gauthey.

1926: l'église de Cordesse est inscrite au patrimoine des monuments historiques.