Un 8 août.

08/08/2017

Premier Prix Littéraire du Morvan (1961) et naissance d'Etienne Mayneaud (1751)

Par une belle journée de l'année 1960, trois amis écrivains, réunis à Liernais, eurent l'idée de créer le Grand Prix Littéraire du Morvan. Ces cofondateurs avaient pour noms : Henri Perruchot, Tristan Maya et Marcel Barbotte.

Henri Perruchot (Montceau 1917-Paris 1967) était à la fois auteur, historien de l'art, éditeur et directeur de revue. Il sera par la suite cofondateur de l'Académie du Morvan, en 1967. Le prix portera ensuite son nom, car il fut le premier des 3 amis à disparaître.

Tristan Maya, de son vrai nom Jean Maton (Arnay-le-Duc 1926- 2000), était écrivain, critique littéraire et libraire.

Marcel Barbotte (Châtillon-en-Bazois 1903-Autun 1998) était journaliste et romancier.

Nos trois compères confièrent l'organisation du concours à Claude de Rincquesen, professeur habitant à Liernais.

Cette organisation aboutissait le 8 août 1961 par l'attribution du premier Grand Prix du Morvan et c'est au restaurant Labille, rue de l'Arquebuse à Autun, qu'a eu lieu la cérémonie de remise des récompences.

Le jury, présidé par Henri Perruchot, était composé de personnes de qualité parmi lesquelles :

    Messieurs Maya et Barbotte bien sûr, mais aussi, M. Bacot, directeur du « Bien Public », M. Lucotte, rédacteur de la « Gazette d'Autun », M. Prétet,  directeur du « Courrier », M. Lospied, du « Journal du Centre », Paul Cazin, Michelle Esday, etc....

Tous n'avaient pas pu faire le déplacement d'Autun, mais tous avaient voté après avoir lu les ouvrages arrivés en nombre, preuves de l'intérêt de ce prix littéraire.

Le règlement édicté par les fondateurs stipulait que pouvaient concourir des œuvres imprimées depuis moins de deux ans, présentant un caractère d'ambassadrices du Morvan.

Après délibération, le premier Grand Prix Littéraire du Morvan fut attribué à « La Boucharde », roman d'une famille paysanne, écrit par Georges de Vilprey. 

Il devançait « Il pleut sur mon jardin » de Roger Denux, « Le Creusot » de MM. Chazelle et Jannot, « Contes de Jolivent » de M. Degroux, « Gislebertus » de l'abbé Grivot, « Simples Poèmes » de Mme Martellet ou encore « Le martyre de Saint-Symphorien » de M. Lebrot.

Cette décision fut immédiatement communiquée au lauréat qui, habitant dans l'Yonne, ne put évidemment venir recevoir les félicitations du jury le jour même.

Pour poursuivre la cérémonie, il y eut bien entendu des discours d' Henri Perruchot, de Mlle Eliane de Wignacourt, membre du Comité du Morvan représentante du président M. de Vogué (excusé), de M. Saclier, représentant M. Monrose, maire d'Autun, et de M. de Rincquesen qui présenta le lauréat.

Georges de Vilprey était loin d'être un néophite dans le monde de l'édition. Né le 8 octobre 1892 à Andryès (Yonne), ayant connu un parcours militaire qui le conduisit dans les griffes de la Gestapo, il était alors commissaire du gouvernement auprès des tribunaux, également membre influent de la Croix Rouge. Il avait déjà publié plusieurs ouvrages dont :

« la Halte ou le Poilu de 14 » (1960), « Madame et son curé » 1960. Il en publiera d'autres par la suite.

La cérémonie se termina par une audition du Groupe artistique folklorique de Saulieu, suivie d'un lunch préparé par M. Labille.

Depuis, le Grand Prix du Morvan-Henri Perruchot s'est doublé du Prix d'Etudes Morvandelles-Marcel Vigreux. Il est encouragé par le Conseil Régional de Bourgogne, l'Académie du Morvan, le Parc Naturel Régional du Morvan, l'Association du tourisme du Morvan et les 4 Conseils Départementaux.

Un autre anniversaire:

le 8 août 1751, naissance d'Etienne Mayneaud:

Étienne Maynaud appartient à la grande famille digoinaise d' Hugues Maynaud de Bizefranc. Il est sous-lieutenant de dragons en 1769, puis devient capitaine en 1771, chef d'escadron en 1790, (la même année où il devient conseiller général de Saône-et-Loire) et lieutenant-colonel en 1791. Arrivé à Saint-Domingue fin 1792, il est responsable de la partie nord-ouest de la colonie, à Port-de-Paix.

Il est promu général de brigade le 6 juin 1793. Il entre en relation avec Toussaint Louverture, alors chef d'esclaves révoltés ralliés à l'Espagne, pour le convaincre de rejoindre la République. Ayant réussi, il se lie d'amitié avec lui.

Il est nommé gouverneur de Saint-Domingue par intérim le 14 octobre 1793 et atteint le grade de général de division le 25 mai 1795. Mais il se comporte alors avec autoritarisme. Le 20 mars 1796, les mulâtres du Cap l'emprisonnent avec ses aides de camp. Toussaint marche sur la Cap pour le délivrer. En remerciement, Maynaud nomme Toussaint lieutenant général au gouvernement de Saint-Domingue.

De retour en France, il est élu en septembre 1796 député au Conseil des Anciens pour le département de Saône-et-Loire. 

Envoyé comme commissaire du directoire à la Guadeloupe en 1799, il est rapidement mis aux arrêts pour ses positions trop favorables aux Noirs ; puis il est mis à la retraite d'office sur ordre du Premier Consul Bonaparte à compter du 1er janvier 1801 et revient en métropole. 

À la Restauration, il est de nouveau élu député de Saône-et-Loire de 1820 à 1824, défendant des idées progressistes, siégeant dans l'opposition constitutionnelle, au centre gauche. Il meurt le 12 mai 1828 à Cormatin (Saône-et-Loire). On dit qu'il est enterré debout dans le cimetière d'Ameugny.