Un 7 août

07/08/2017

Ephéméride.

7 août 1951 : décès de Pierrette Pauchard, juste parmi les justes.

Pierrette Guyard est née le 16 septembre 1876 à Athez, petit hameau situé à 6 kms d'Anost. Elle est fille de Louis Guyard dit le "Louison" et de Françoise Ravier. Elle est la troisième enfant d'une famille qui en comptera onze

Le 3 octobre 1899, elle épouse Marie-Joseph Pauchard, cultivateur et galvacher. Le jeune couple s'installe au lieu-dit Athez. Ils auront trois enfants : Marie-Léontine, Louis-Marcel et Lucienne.

Leur vie est simple et pour améliorer le quotidien, comme beaucoup de femmes du Morvan, Pierrette Pauchard devient nourrice à Paris. Puis, comme il est de tradition dans la région, dans les années 30, le couple demande à accueillir des enfants de l'assistance publique.

A la mort de son époux, en 1933, Pierrette Pauchard continue à accueillir des enfants, élève des vaches, chèvres, poules et lapins et cultive des légumes dans le champ derrière sa maison.
En 1935, Pierrette Pauchard accueille Colette Morgenbesser. Née en 1933 à Paris, sa mère, juive polonaise, l'avait abandonnée à l'assistance publique qui avait pris en charge le bébé et l'avait confié à Pierrette Pauchard.

Pierrette Pauchard accueillait également des enfants pour les vacances.

Les Frydman, des juifs parisiens originaires de Pologne avaient quatre enfants. M. Frydman était tailleur. Ils envoyaient leurs enfants en vacances pour deux mois durant les congés d'été. C'est ainsi que Suzanne et Ida vont passer deux mois de vacances grâce au patronage protestant et arrivent dans le Morvan. Suzanne, 10 ans, et Ida, 8 ans, arrivent à la gare d'Autun, d'où elles rejoignent Athez et arrivent chez Pierrette Pauchard par erreur, alors qu'elle attendait les deux enfants qu'elle avait reçus l'année précédente. Mais les enfants s'attachent à Maman Pierrette qui le leur rend bien et les appelle "mes gamines".Les fillettes vont revenir tous les ans chez Maman Pierrette.

En 1936, Suzanne a 13 ans, elle doit quitter l'école après son certificat d'études pour aider ses parents et ne peut plus aller en vacances chez Maman Pierrette. Ida et Hélène y vont seules.

En 1938, c'est Ida qui a 13 ans, elle doit quitter l'école après son certificat d'études pour aider ses parents. Les fillettes correspondent avec Maman Pierrette.

Tandis que la guerre est déclarée, Maman Pierrette écrit aux enfants en leur faisait savoir que si leur situation devenait dangereuse, il leur faudrait venir chez elle tout de suite.

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, Pierrette Pauchard participe à la résistance à Athez, à Corcelles et au sein du maquis Socrate sur la commune d'Anost et protège Colette Morgenbesser avec la complicité des villageois. Le maire du village, le Dr René Roy n'hésite pas à brûler le dossier de l'Assistance de Colette Morgenbesser qui comportait la mention "juive" devenue trop dangereuse.

En 1940, devant l'avancée allemande, les parents Frydman se réfugient dans la banlieue parisienne à Noisy-le-Grand, tandis que l'exode mène des milliers de Français sur les routes. Ils tentent de fuir Paris, mais après quelques jours rentrent chez eux.

Après le premier et le second statut des Juifs, et les lois antisémites qui se multiplient, les Frydman portent l'étoile jaune.

Le 14 juillet 1942, il y a des bruits de rafle. M. Frydman va dormir à Noisy-le-Grand, tandis que Suzanne et Ida vont dormir chez une amie de leurs parents. Mme Frydman reste seule à la maison avec Hélène et Bernard qui ont moins de 15 ans. Le 15 juillet au matin, Mme Frydman arrive à Noisy-le-Grand et raconte à son mari et à ses filles que les Allemands accompagnés de la police française sont venus chez eux, recherchant M. Frydman et les aînées des enfants.

Suzanne et Ida enlèvent leurs étoiles et décident d'aller immédiatement à Paris chercher Hélène et Bernard, quelques papiers et quelques vêtements.

En août 1942, les parents Frydman décident de mettre leurs enfants à l'abri et de les envoyer chez Pierrette Pauchard. Ils les mettent dans un train au départ de Paris. Suzanne, 19 ans, Ida, 17 ans, Hélène, 15 ans, et Bernard, 9 ans, arrivent ainsi à Athez à l'improviste, précisant à Pierrette Pauchard que leurs parents les rejoindraient pus tard. Ils sont accueillis très chaleureusement. Ils ont un peu d'argent qu'ils remettent à Pierrette Pauchard. C'est l'été et Pierrette Pauchard a des enfants en vacances chez elle. Ils s'installent tous les quatre dans une chambre libre avec deux lits.

Les parents Frydman seront arrêtés et déportés sans retour à Auschwitz.
Pierrette Pauchard, âgée de 66 ans, va garder les cinq enfants juifs chez elle jusqu'à la fin de la guerre.
Au bout de quelques mois, Bernard est envoyé chez un couple de voisins âgés. Hélène le rejoindra plus tard.

Une cousine restée à Paris, informée de la situation des enfants, réussit à obtenir qu'une aide financière soit versée à Pierrette Pauchard par une organisation juive. Le maire du village aidait également autant qu'il le pouvait, amenant des produits et des pommes de terre.

Pierrette Pauchard travaillait sans arrêt sans se plaindre pour faire tourner toute seule la ferme et s'occuper des enfants.

Après la guerre, les enfants Frydman rentrent à Paris. Bernard est placé dans une maison d'enfants. Puis, ils partiront tous les quatre vivre aux Etats-Unis, accueillis dans la famille de leur père. Hélène et Bernard partent les premiers et arrivent à Littlerock chez l'une des soeurs de leur père. Suzanne et Ida restent à Paris et continuent à espérer recevoir des nouvelles de leurs parents.

Pierrette Pauchard décèdera à Athez le 7 août 1951.

7 août 1972 : décès d'Ernest Goujon.

GOUJON Ernest, né le 19-02-1889 à St-Léger-s-Beuvray, est le premier cycliste morvandiau à avoir participé au Tour de France. Fils de menuisier, il passa professionnel en 1908 sous la marque Humbert. L'année suivante, il courut sous sa propre marque et il prit donc le départ du Tour 1908 (abandon) et 1909 (53°)

Il est décédé le 7 août 1972 à Bourg-en-Bresse à l'âge de 83 ans.

7 août 1962, naissance à Digoin d' Alain Robert, « Spiderman ».

Né le 7 août 1962 à Digoin, Alain Robert a vécu son enfance à Valence dans la Drôme. Dès l'adolescence, il admire les exploits des grands alpinistes contemporains (Bonatti, Messner...) et pratique l'escalade sur les falaises du Vercors et de l'Ardèche. Dès cette époque, il intègre le solo intégral à sa pratique de l'escalade, à l'identique des progressions engagées en alpinisme.

À partir de 1994, Alain Robert se consacre à l'escalade d'immeubles en solo intégral, c'est-à-dire l'ascension de gratte-ciel sans aide ni système d'assurage. Ses ascensions sont très médiatisées et il devient connu du grand public.