Un 6 janvier à Autun

06/01/2018

Décès de Claude Régnier (2000)

Claude Régnier est né à Saint-Pantaléon, le 28 avril 1914, dans une famille d'agriculteurs, dont le père, Jean-Marie Régnier, est courtier en bestiaux, et la mère, Lazarine Eugénie Legros, s'occupe du foyer. 

Son père parti pour la Première Guerre mondiale, il passe sa jeunesse chez sa grand-mère maternelle à Curgy et ne parle que le patois. 

Il finit par apprendre le français, passe son certificat d'études en 1926 et entre à l'institution Saint-Lazare à Autun où il apprend les langues mortes, la grammaire, les lettres classiques. Il s'intéresse au théâtre et au football. Il obtient ses deux baccalauréats de l'époque, Lettres en 1932 et Philosophie en 1933.

Il part ensuite à Dijon (1933-1935), à la faculté des Lettres et passe la licence. En 1936, il obtient son D.E.S (diplôme d'études supérieures) aujourd'hui maîtrise de dialectologie. En 1937, il est étudiant à la Sorbonne à Paris et prépare l'agrégation de grammaire. Il a alors une petite chambre dans le quartier de la Sorbonne. 

En 1938, il est nommé professeur de Lettres au lycée Lamartine à Mâcon. Il fait des recherches sur le patois et collecte toutes les informations y compris dans les campagnes les plus reculées, mais ne pourra poursuivre son travail du fait de la Seconde Guerre mondiale. Il comprend que ce dialecte est de l'ancien français, tel qu'il était parlé au Moyen Âge. Sursitaire, il effectue son service militaire en 1940 et subit la défaite dans l'ouest de la Nièvre. Il y a parmi ses élèves des miliciens et des fils de miliciens, il est dénoncé et sera inscrit sur une liste d'otages.

Le 8 août 1941, il épouse Huguette Lathuillière, à Flacé-les-Mâcon. 

En 1947, il est professeur au collège Paul Lapie à Courbevoie puis, en 1949, au lycée Marcelin-Berthelot à Saint-Maur-des-Fossés. Il y enseigne jusqu'en 1954. 

Le 25 octobre 1950, il devient élève titulaire par arrêté ministériel, de l'École des Hautes Études en 4e section (Sciences historiques et philologiques).

Il devient assistant de français à la Sorbonne pendant quatre années. Puis à Lille il est chargé d'enseignement. De 1958 à 1966, il fait partie du jury à l'oral de l'agrégation de Lettres. Il obtient un an de détachement en qualité de chargé de recherches au CNRS, pour étudier les dialectes du Morvan. Entre 1965 et 1968, il retourne à la Sorbonne comme chargé d'enseignement de l'ancien français avant de soutenir ses thèses de doctorat d'État.

Le 15 juillet 1967, il cofonde l'Académie du Morvan à Château-Chinon.

En mai 1968, il passe son doctorat d'État et devient maître de conférence d'histoire de la langue française moderne et contemporaine à l'automne, puis maître de conférence de grammaire française. En 1969, il est nommé professeur d'ancien français à Paris IV Sorbonne. Il enseignera jusqu'au 30 septembre 1982, date à laquelle il prend sa retraite. 

En plus de ses cours, il mène des recherches, dirige des thèses et va de colloques en congrès, sans cesser de rédiger des articles et ouvrages. Il participe à deux commissions : celle de la Société des textes français, qui a un rôle éditorial, et celle du comité consultatif des universités, qui attribue les postes d'assistant.

Il devient le vice-président de la Société Rencesvals au congrès de Padoue, et président de la section française. Il fait des conférences à l'internationale : universités canadiennes, ainsi que japonaises.

Il poursuivra des recherches en philologie de l'ancien français médiéval et mènera des enquêtes de dialectologie.