Un 28 août à Gueugnon

28/08/2017

Les pavillons Fillod, monuments historiques (2015)

Le 28 août 2015, les 5 pavillons Fillod, situés sur la commune de Gueugnon, font l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques. Motif: ils sont les témoins de l'aventure industrielle d'un visionnaire pionnier dans le principe de la préfabrication, et aussi de l'aventure industrielle des forges de Gueugnon, fleuron de la ville. Ils possèdent aussi une dimension historique pour être liés aux mouvements de populations découlant de l'immigration et de la guerre, hébergements d'urgence pour les ouvriers italiens et les prisonniers de guerre allemands. 

Bâtis aux 4 et 6 rue de la Paix, ils ont été imaginés par l'architecte et designer Ferdinand Fillod. Né dans le Jura en 1891, cet artisan chaudronnier de Saint-Amour crée son entreprise et pour élargir la gamme de sa fabrication, il invente les "baraques de chantier".

Entre 1929 et 1949, ces bâtiments métalliques préfabriqués se vendent dans le monde entier. Il compte à l'actif de sa société, la construction de l'église de Crusnes. Ferdinand Fillod est mort en 1956.

 Ces pavillons sont entièrement métalliques à base de profilés et de tôles d'acier, modulables en travée d'un mètre, à montage et démontage rapide, principalement destinées à un usage temporaire dans un lieu déterminé (campement militaire, logements d'ouvriers)

De nombreuses réalisations ont été faites pour l'éducation nationale (écoles) pour EDF (bureaux), pour la SNCF, l'armée française (équipement pratiquement de l'ensemble des bases aériennes). On en rencontre à Salins-les-Bains, à Ardon, à Gueugnon (logements ouvriers), à Fraroz (maison forestière) et un centre hospitalier à Neuilly,  mais le plus important des ventes a été réalisé après 1962 pour l'armée algérienne.

  • Les parois inclinées, ce nouveau type de construction est développé par Ferdinand Fillod à la fin des années 1920. La particularité de cette nouveauté réside en des panneaux de bardage en tôle nervurée positionnés entre des montants ou portiques, cintrés à chaud puis calibrés à froid. Les panneaux de bardage peuvent être équipés de vitrage ouvrant à l'italienne et leur nombre dépend de la longueur du bâtiment. Chaque extrémité peut recevoir des portes et des fenêtres. L'ensemble constitue une carcasse métallique monobloc très résistante, présentant un contreventement efficace et réduisant la portée d'ombre, particulièrement utile pour les baraquements militaires rendus ainsi difficilement décelables par vue aérienne. 

  • De nombreuses installations de ce type ont été réalisées sur les champs d'opérations militaires (Indochine, Algérie, ...).

  • La dernière réalisation en France de ce type, a été faite en 1979; il s'agit d'une base vie construite sur le site de Rieu Claret au lac du Chambon à proximité de Bourg d'Oisans lors de la construction du barrage en terre (18 bâtiments, dont un restaurant- foyer-cinéma pour les ouvriers participants à la construction du barrage).

L'intérieur des baraques peut être recouvert de panneaux isolants contre la chaleur comme contre le froid. La toiture peut être doublée de panneaux formant parasol et dont l'espace permet le passage d'un courant d'air, particulièrement pour les pays tropicaux. Toutes ces baraques sont livrées en morceaux et facile à monter et à démonter, en quelques minutes ou heures selon l'importance de la construction.

Signalons pour l'anecdote, qu'un pavillon tropical, situé à Luminy et labellisé "patrimoine du XX° siècle" a été vendu pour l'euro symbolique, par la DRAC en 2014.