Un 23 mai

23/05/2017

Naissance de Pierre-Bénigne Lalligant-Morillon (1759)

Pierre-Bénigne Lalligant dit Morillon est un personnage sulfureux aux multiples facettes, né à Autun, le 23 mai 1759.

Fils de Louis-Henry-Alexandre Lalligant, médecin né à Mimeure (21) et de Jeanne François, il fut guillotiné à Paris le 7 juillet 1794.

La première trace de sa vie mouvementée se situe en 1778, à Lunéville où il figure dans la Compagnie des Gendarmes rouges. Mais, auteur de fausses lettres de change, il doit fuir.

On le retrouve en 1782 à Nantes. Il y épouse Marie-Anne Laisant, fille d'un puissant commerçant en bois, travaillant essentiellement pour la marine. Violoniste dans des théâtres, Lalligant-Morillon semble s'intéresser quelques temps à ce commerce.

En fait, il dilapide la fortune de son épouse qu'il abandonne et vient s'installer à Mont (71) avec ses parents qu'il traîte de façon odieuse. Il se livre là, à la fabrication de fausse monnaie. Dénoncé, il est arrêté ainsi que ses parents et en compagnie d'autres personnes dont un noble: Mayneaud de Bisfrac. Il est condamné le 20 octobre 1791, avec son père à 15 ans de fers. Les autres sont relâchés. Avec quelques pièces d'or, il soudoie le géôlier et s'évade avec son père. Il passe à l'étranger.

On retrouve à nouveau sa trace en septembre 1792, à Coblence, aux côtés des chefs royalistes émigrés. Mais habitué des voltes-faces, des trahisons et à la recherche de profits, Lalligant-Morillon les quitte non sans avoir eut connaîssance de certains de leurs projets.

De retour en France, il passe dans les rangs du parti jacobin, obtenant l'immunité pour tous ses crimes passés en faisant part des renseignements qu'il avait pu recueillir sur des complots qui se tramaient au delà des frontières françaises.

Il projette alors d'enlever les fils du Comte d'Artois, mais il n'est pas suivi par les chefs révolutionnaires. On préfère lui confier des missions, dans lesquelles il se montrera très zélé.

A Grenoble, il fait arrêter les membres d'une association royaliste. Puis il participe à l'arrestation des membres de l'Association des Bretons. Cruel et peu enclin au sentimentalisme, il fit même exhumer le corps d'un de ces chefs pour le décapiter !

Pour toute cette débauche d'énergie, un décret lui attribue une indemnité de 50 000 livres à titre de reconnaissance nationale !

Toujours assoiffé de pouvoir et d'argent, il parcours ensuite la zone comprise entre Digoin, Paray-le-Monial et Charolles, s'enrichissant en faisant arrêter de prétendus suspects qu'il faisait libérer en échange de fortes sommes. Il était soutenu dans ces exhactions par de nombreux hommes politiques.

Cependant, suite au décès sous la guillotine de Fabre d'Eglantine, l'un de ses protecteurs, le 5 avril 1794, le destin de Lalligant-Morillon connut un virage radical. Dénoncé par les Comités Populaires de Digoin et Charolles, il fut d'abord conduit à Autun. Rappelé à Paris. Il fut arrêté dans une demeure qu'il y possédait et où s'ammoncelaient des objets d'un grand luxe. Son perruquier interrogé fit des confidences recueillies pendant qu'il le coiffait et Lalligant fut guillotiné le 7 juillet 1794 sur la place du Trône Renversé.