Un 22 mars:

22/03/2017

Talleyrand arrive à Autun (1789).

Talleyrand, évêque d'Autun arrive dans son diocèse

Un des principaux ministres de Napoléon, et acteur majeur de la période de la Révolution et de l'Empire, voit son nom attaché à Autun :

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, ce personnage dont l'intelligence a brillé partout en Europe, à travers sa prestigieuse carrière diplomatique est devenu évêque par accident,

Né à Paris en 1754, ordonné prêtre en 1779, il fut chargé des affaires du clergé de mai 1780 à septembre 1785. Pourtant il vécut une vie aux allures scandaleuses plus consacrée aux dames de l'aristocratie parisienne et aux cartes. Moyennant les juteuses rentes du Parlement, et malgré une infirmité, il mena grande vie à tel point que même sa mère, en apprenant qu'il était promis à une carrière épiscopale, intervint auprès de Louis XVI pour que cela ne se fit pas. De son côté, son père souhaite qu'il obtienne la mitre, en vue de lui permettre de succéder à son oncle, l'archevêque de Reims. Pour sa part, le prélat De Marboeuf, conseiller du roi fit tout pour bloquer cette décision, mais du s'avouer vaincu en 1788.

Talleyrant, lui-même ne se réjouissait pas disant dès 1779 : « Ils veulent faire de moi un prêtre. Et bien ! Vous verrez qu'ils feront de moi un sujet affreux, mais je suis boiteux, il n'y a pas moyen de me soustraire à ma destinée. »,

Nommé évêque d'Autun le 2 novembre 1788, il fut consacré le 4 janvier 1789.

L'évêché d'Autun était intéressant : l'évêque était premier suffragant de l'archevêque de Lyon et Président des Etats de Bourgogne.
Par sa première lettre pastorale le 26 janvier 1789, Talleyrand délégua ses pouvoirs au grand chantre du Chapitre, Simon de Grandchamp.


Il arriva à Autun le 22 mars 1789 et quitta la ville le 12 avril, jour de Pâques, pour ne jamais y revenir. Pendant son séjour autunois il participa à la rédaction des cahiers de doléances et se fit élire député du clergé aux Etats généraux. Il donna une seule messe le 25 mars (il n'en célébra d'ailleurs que 7 durant toute sa carrière d'éclésiastique !)
Il mourut en 1838, sans avoir eu d'autre lien avec Autun, la ville dont il fut évêque


On trouva en 1909 dans les greniers de l'évêché une caisse non déballée contenant un service à boire de la Manufacture des cristaux de la Reine dont on dit qu'elle avait été destinée au nouvel évêque.