Un 1er septembre à Autun.

01/09/2017

La sortie du vierg:

A l'époque éduenne, Augustodunus, qui devint ensuite Ostun, puis Autun, était dirigée par un vergobret. Ce nom était sans doute issu de vergobretus, nom de la suprême magistrature chez les Gaulois et que l'on pourrait traduire par "force et autorité".

Au fil des siècles, ce vergobret, terme spécifique à Autun, se transforma en "vierg". Cet officier chargé de la police de la ville et de ses alentours, remplissait à peu près le même rôle qu'un maire. Il était le seul à avoir le droit de commander et punir les habitants lorsqu'il était question de manquement du service du roi. Mais il n'avait pas autorité sur les soldats. Celle-ci était confiée au capitaine ou au gouverneur de la ville. Après 1483, le verg fut aussi appelé "prévôt royal".

Ce vierg d'Autun avait non seulement à rendre la justice sur toute l'étendue de la ville, ses faubourg et sa banlieue, mais, lors des Etats Généraux, il occupait le 3ème rang par importance après les maires de Paris et de Dijon.

Chaque année, le 1er septembre, le vierg, juché sur un cheval de parade, partait en revue par toute la ville, accompagné des officiers du baillage, des échevins et des personnages de justice. Il était armé de l'épée et d'un sceptre orné d'or et de perles. (on retrouve là les 2 symboles de vergobretus: force et autorité). Les habitants en armes marchaient devant lui, tambours battants, enseignes déployées.

Il rendait justice à tous ceux qui la requéraient.

Cette sortie, d'après des historiens de l'époque, avait un caractère plus ou moins obligatoire pour les Autunois, pauvres ou riches. Un texte de 1516, parle de 80 000 personnes réunis dans un amphithéâtre de bois. Il faut dire que l'événement attirait les curieux venus des 4 coins de la région.

Quant au fait que les participants soient armés, là aussi, un texte de 1609, laisse paraît le caractère obligatoire de ce fait. Mais il faut dire que les villes avaient intéret à ce que leurs citoyens sachent se défendre. Ainsi, on signale qu'en 1523, une horde de 800 brigands, qui avait ravagé de nombreuses contrées, fut anéantie dans sa tentative de s'en prendre à Autun;

Il semble que peu à peu, le caractère solennel de cette manifestation ait dégénéré au fil du temps, se transformant en fête populaire et religieuse. C'est l'origine de la fête de la Saint-Ladre, organisée elle aussi le 1er septembre. Ladre est un nom issu du Lazare de l'Evangile, pauvre homme qui pouvait intercéder auprès de Dieu pour guérir les personnes atteintes de la lèpre, appelées "les ladres".

Supprimée en 1793, cette fête réapparut au début du XX° siècle. Jusqu'en 1963, cette foire a vu la présence de très nombreux bestiaux sur la place du Champ-de-Mars, mais aujourd'hui pour la Saint-Ladre y cohabitent les manèges forains et les étals des commerçants ambulants qui s'étendent, par l'avenue de Gaulle, jusqu'à la gare.

Cette foire qui attire des milliers de visiteurs d'Autun et des environs ne manque pas de pittoresque. On y trouve un peu de tout, vêtements, chaussures, cuirs, équipements ménagers, confiseries artisanales et nougats typiques, charcuteries régionales, parfumerie et objets divers...