Un 19 décembre à Autun et Brion..

19/12/2017

Mandrin, "le capitaine des contrebandiers de France": (1754)

Né en 1725 à Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs, Louis Mandrin échappe à la pendaison en 1753 suite à une rixe mortelle. Mais son frère Pierre et son ami Brissaud seront pendus. Dès lors, il déclare la guerre aux collecteurs de taxes nommés "les fermiers généraux".

Ceux-ci accumulent d'énormes richesses sur la dos de la population en augmentant exagérément les taxes et en ne reversant au roi que le montant convenu.

Louis Mandrin, contrebandier en tabac, coton imprimé, horloges, sillonne les cantons suisses, la France et les états de Savoie alors indépendants. Il est à la tête de centaines d'hommes, organisés en véritable armée. Il reçoit partout le soutien des populations qui lui achètent des marchandises non soumises aux taxes des fermiers généraux. De plus, il libère sur son passage des prisonniers, arrêtés pour non paiement des multiples impots, à condition que ce ne soit pas des meurtriers.

Mandrin organise des campagnes pour investir les villes par surprise. On le rencontre à Bourges, Rodez, Le Puy-en-Velay,......où il force les représentants de l'administration à lui acheter ses marchandises) et lors de sa sixième campagne, il arrive en Bourgogne, en décembre 1754.

Se déplaçant avec une incroyable rapidité, ses troupes arrivent le 13 décembre à Seurre. Mandrin obtient 20 000 livres des collecteurs de taxes sur le sel et le tabac. La rapidité de ses déplacements s'explique aussi par le fait que les fermiers généraux ont demandé au roi d'envoyer l'armée aux trousses de cette horde de contrebandiers. Trois régiments commandés par De La Morlière, Fischer et Fumel traversent à marche forcée la Côte-d'Or.

Après avoir investi Beaune et avoir passé la nuit du 18 au 19 au château de La Rochepot, Mandrin arrive devant Autun dont le maire, au courant de son arrivée à fait barricader les portes. Mais le rusé "capitaine des contrebandiers" a plus d'un tour dans son sac. Ayant rencontré en chemin un groupe de 37 séminaristes revenant de Chalon, avec lesquels il n'eut que de bonnes relations tout au long du voyage, il les présente comme ses otages. Après de brèves menaces, le maire d'Autun fait ouvrir les entrées de la cité.

En fait, les autorités locales savent que les soldats du roi sont tout proches et ils parlementent longuement, faisant passer les exigences de Mandrin de 25 000 livres à 9 000.

Sentant l'arrivée du danger, les contrebandiers fuient. Mais avec l'épaisse couche de neige qui couvrait le sol en ce 19 décembre, le régiment de Fischer les trouve rapidement au hameau de Gueunand, sur la commune de Brion. 

Voyant le combat inégal, Mandrin demande à 18 de ses compagnons de retenir l'ennemi pendant que le gros de ses troupes pourrait fuir en suivant l'Arroux. Le combat fut acharné: 9 mandrins furent tués et 5 furent faits prisonniers. Fischer, bien que vainqueur déplorait 15 morts et 57 blessés parmi lesquels plusieurs officiers.

Une nouvelle fois, bien que blessé par deux coups de fusil, Mandrin avait échappé à ses poursuivants. Le 20 décembre, il traversait l'Arroux à la Boulaye, puis scindant ses troupes en plusieurs groupes, il traversa la Loire le lendemain et regagna la Savoie. On dit qu'il se serait arrêté au Château de la Vesvre à Rigny-sur-Arroux. Notons que tout au long de cet exode, les populations questionnées ne donnaient pas de renseignements aux soldats ou alors étaient-ils erronés.

Trahi par deux des siens, Louis Mandrin fut roué le 26 mai 1755 à Valence. Il avait 30 ans.