Un 14 juillet

14/07/2018

Ephéméride:

Le 14 juillet 1853 à Autun: Naissance de Claude Jules Preux:

Fils de Louis Côme Preux et d' Euphrasie Corson, Claude Jules Preux fut ordonné prêtre le 21 décembre 1878. Professeur au collège écclésiastique de Paray-le-Monial, puis au petit séminaire d'Autun (1878), il devint vicaire de Louhans en 1880. Il fut ensuite curé de Saint-Emiland (1884), de Curgy (1895), archiprètre de Sennecey-le-Grand (1905) où il décéda le 24 mai 1918. Depuis 1888, il était membre de la Société Eduenne.

Le 14 juillet 1895 à Grury: triple meurte

Un cultivateur sans histoire décime sa famille

Marie Mulot, née Carrat, est née le 16 septembre 1870 à Ternant dans la Nièvre. Couturière à Grury, elle vit chez ses parents, Jean Carrat et Marie Loreau, au lieu dit « le Champ du Moulin », sur la route de Bourbon Lancy (route de Mont).

Son père, Jean Carrat, maçon originaire de Villard dans la Creuse, né le 22 septembre 1823, est probablement le bâtisseur de la maison familiale édifiée vers 1866.

La famille est présente sur la commune depuis plusieurs années, notamment au Croc-Blanc et Jean Carrat s'est marié le 1er février 1853 à Grury avec Marie Loreau, née à Mont le 24 avril 1831.

Marie Carrat épouse le 12 juin 1894 à Grury, Paul Mulot, un cultivateur de 30 ans originaire, lui aussi, de Ternant (58), né le 12 août 1863, fils d'un maçon. Il a perdu sa mère le 11 juillet 1883.

Il avait effectué son service militaire à Nevers, au 46° de ligne entre décembre 1886 et septembre 1888.

Neuf mois après leur mariage, le 3 mars 1895, nait à Grury leur fille Marie. Et tout ressemblait au bonheur parfait lorsque Paul présenta son enfant pour l'enregistrer à l'état civil, accompagné de Lazare Barge, maître d'hôtel et adjoint au maire (celui qui les avait mariés le 12 juin) et d'Antoine Rollet, l'instituteur.

Toute la famille vit sous le même toit.

Les voisins n'ont jamais vu Paul Mulot ivre et le considèrent comme un bon ouvrier, mais sa femme et ses beaux pères le traitent de fainéant et de propre à rien.

Le dimanche 14 juillet 1895, toute la famille dîne ensemble puis tous se dirigent vers la place du village pour aller voir le feu d'artifice. Seul le beau père reste à la maison avec l'enfant.

Vers 21 H. 30, Marie Mulot se trouve au bal populaire quand son mari vient la chercher. Ils se disputent violemment sur la place du village, Mme Mulot traitant son mari de jaloux, puis le couple rentre à la maison.

Une demi-heure plus tard, la querelle n'est pas terminée. Paul Mulot saisit alors un couteau et veut tuer sa femme. Sa belle-mère qui cherche à appeler du secours, sort de la maison et crie "à l'assassinat". Elle est rattrapée par son gendre dans la cour et celui-ci la tue d'un coup de couteau dans le cœur. A l'état civil, sa mort est déclarée comme étant survenue à 22 H.

C'est le premier meurtre de la soirée. La victime avait 64 ans.

Paul Mulot retourne à l'intérieur pour tuer sa femme, mais celle-ci lui échappe et s'enfuit dans la cour. Il la rattrape à 150 mètres et lui plante 11 coups de couteaux. Elle agonise pendant deux heures avant de mourir vers minuit et demi.

C'est le deuxième meurtre de la soirée. Mme Mulot avait 25 ans.

Paul Mulot retourne encore chez lui et tue d'un coup sec sa fille de 3 mois dans son berceau.

C'est la troisième victime de la soirée. La mort est évaluée vers 22 H. 05.

Le beau-père s'étant levé, il s'est précipité vers son gendre et lui a lancé un coup de poing au visage. Paul Mulot a mordu la main de Jean Carrat et lui a sectionné un ou deux doigts (selon les journaux). Il lui a ensuite asséné plusieurs coups de couteau à la tête. L'arme s'étant brisée, l'homme de 74 ans n'a pas été tué sous les coups.

Deux voisins, venus porter secours, ont reçu un coup de couteau à la cuisse pour l'un, et plusieurs coups au bas ventre pour Mme Latrasse épouse d'un tailleur d'habits.

La scène n'a duré que quelques minutes. Un des voisins a vu Paul Mulot sortir avec son fusil et des cartouches et se cacher derrière un puits à proximité. Voyant que l'on se dirigeait vers lui, le meurtrier s'est enfui avec son arme et son couteau vers Ternant, "son pays", situé à une douzaine de kilomètres de Grury.

Il a marché pendant 3 kilomètres avec M. Porterat de la Forge à Cressy-sur-Somme et lui a avoué ses crimes, mais l'homme le voyant armé, n'a pas essayé de l'arrêter et est parti faire une déclaration des faits à la mairie de Cressy sur Somme.

Poursuivant sa route, Paul Mulot a atteint la commune de Ternant et s'est dirigé directement à la mairie pour déclarer ses crimes mais M. le maire "ne pouvant croire à un pareil forfait le laissa en liberté".

A 2 H. du matin, le 15 juillet 1895, on vit le meurtrier se diriger vers "les Grands Bois".

Alors que les gendarmes partent à la recherche du meurtrier, le docteur Compin de Grury a soigné les blessés qui ont tous survécu, même le beau-père qui avait été fortement atteint.

Le parquet d'Autun était attendu vers 16 H. et le docteur Gilot du même lieu a été chargé de l'autopsie des corps.

Paul Mulot a été arrêté sur la route de Ternant et interrogé. Il a plaidé avoir agi sous l'effet "d'un coup de folie". Cependant, il semblerait qu'il ait échappé aux forces de l'ordre car selon un article de journal "il était revenu dans la nuit sur le théatre du crime où un gendarme faisait le guet."
Ce dernier a fait feu sur lui sans l'atteindre et Paul Mulot a fuit aussitôt.

Se voyant sur le point d'être pris, il a sauté dans un puits situé à cette époque sur la place de l'église de Grury, d'où il a été "impossible de le retirer avant l'asphyxie complète." Sa mort est estimée à 23 H. 30.

Le village de Grury, alors fort de 860 habitants, fut bien sûr catastrophé par ce coup de folie meutrier, mais imaginons aussi que le maire Jean-Marie Lofferon a vu, le 15 juillet à 8 H. du matin, arriver 2 individus pour lui déclarer 3 décès. Il s'agissait de Toussaint Loreau, neveu des époux Carrat et de Philibert Guilleminot, un voisin.

Le lendemain matin, à 8 H., le même Philibert Guilleminot, accompagné du garde-champêtre venait lui annoncer un quatrième décès, celui de Paul Mulot.

Les trois victimes ont été enterrées le 18 juillet 1895. Leur tombe n'est plus visible.
Jean Carrat, le beau père, est décédé à Grury le 22 décembre 1899, à 76 ans..

Le 14 juillet 1931: Gueugnon fête le cinquantenaire de l'école publique:

Le 14 juillet 1939: Inauguration du Stade Jean-Laville (Gueugnon):

Ce stade construit à partir de 1936 pour la partie nord sera inauguré le 14 juillet 1939 par M.Paul Faure, alors Ministre d'Etat et Député de Saône & Loire.