Un 24 août à Gueugnon

24/08/2017

Décès de Jean Laville (1938)

Né le 9 mars 1880 au Faubourg de Montagrin à Toulon-sur-Arroux, Jean Laville est le fils de Jean-Marie Laville, tailleur de pierres et de Françoise Marmorat. Il passe son enfance à Toulon puis devient charpentier. Il entame alors son tour de France comme Compagnon du Devoir.

Son service militaire effectué entre novembre 1901 et octobre 1902, il revient au Val d'Arroux et en 1906, à 26 ans, il s'installe comme maître-charpentier à Gueugnon. Il y fondera ensuite une entreprise de sciage. C'est également en 1906, le 28 janvier, qu'il épouse, à Uxeau, Marcelle Jondot, qui lui donnera deux filles.

Mais comme pour la plupart des jeunes hommes de cette époque, la Première Guerre Mondiale va stopper ce bel élan. Mobilisé dès 1914, il est blessé le 14 octobre 1918 près de Dieppe. Il est ensuite évacué à Bordeaux, gravement atteint à la mâchoire. Médaille militaire et croix de guerre lui seront attribuées après le conflit.

Hélas, son jeune frère Louis, instituteur à Gueugnon, est mort devant l'ennemi le 9 octobre 1915 près de Tahure.

Jean Laville gardera toute sa vie la haine de la guerre et sera un farouche combattant de la paix.

A son retour à Gueugnon, il travaille aux Forges. Engagé dans la défence des droits des ouvriers, il est renvoyé par le maître des forges, Pierre Campionnet (qui est aussi le maire de Gueugnon).

En effet, au contact de Jean Bouveri, de Jean-Baptiste Dumay et d'autres militants, il défend les idées socialistes.

Dès lors, il se lance dans la bataille des élections municipales en 1919 et contre toute attente, alors qu'il n'a que 29 ans, sa liste balaye celle de Campionnet. La carrière politique de Jean Laville commence.

Cette même année 1919, il est élu conseiller général du canton. Il sera maire de Gueugnon jusqu'à son décès brutal en 1938. Il est réélu et même plébicité en 1925, 1931 et 1937.

Il devient également député en 1928. Réélu en 1932 et 1936, il semble promis à un destin national. Combattant de la laïcité, il participe à la création de la section gueugnonnaise de la Libre Pensée.

Il défend les humbles et les travailleurs, qui appellent à la création d'un syndicat CGT aux Forges.

Mais à 58 ans, le 24 août 1938, il s'éteint. Chevalier de la Légion d'Honneur, il fut l'un des très rares hommes politiques de son époque issus du monde ouvrier. A son enterrement, près de 7 000 personnes ont suivi son cercueil.