Musique morvandelle.

10/11/2017

L'accordéon diatonique:

L'accordéon diatonique est un instrument de musique à clavier, utilisant des anches libres, excitées par un vent variable fourni par le soufflet actionné par le musicien. Ce nom désigne les différentes variantes d'accordéon bi-sonore[ organisées selon une ou plusieurs gammes diatoniques (à la différence de l'accordéon chromatique),

Si certains modèles d'accordéon possèdent toutes les notes de la gamme chromatique (comme certains modèles continentaux à trois rangées ou les accordéons irlandais), ils conservent une organisation par gammes diatoniques.

On utilise principalement l'accordéon diatonique dans les musiques traditionnelles ou populaires. Bien que d'origine européenne, l'accordéon diatonique est présent dans beaucoup de traditions à travers le monde.

C'est l'autrichien Cyrill Demian qui dépose, le 6 mai 1829, un brevet pour l'accordion, ancêtre de l'accordéon moderne. L'instrument à anches libres qu'il a inventé doit son nom au fait que chaque touche produit un accord, différent selon le sens d'action du soufflet. Cet instrument était destiné à accompagner le chant avec une harmonie simple. Le principe est néanmoins posé par son invention: un instrument avec un soufflet actionné par le musicien, comportant des touches qui produisent des accords.

L'instrument va rapidement être copié et modifié par d'autres inventeurs ou constructeurs d'instruments de musique : chaque touche du clavier « chant » ne donnera bientôt plus qu'une note unique selon le sens d'action du soufflet et non un accord, et ce n'est pas avant la moitié du XIXe siècle que la main gauche voit apparaitre un clavier destiné à l'accompagnement de la main droite. Si les principes de l'accordéon uni-sonore sont posés, en 1840, par l'accordéon harmonieux de Louis Douce, il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que Paolo Soprani produise en série le premier accordéon de ce type (qui présente un clavier main droite similaire au clavier des accordéons chromatiques modernes).

 Entretemps, le clavier mélodique se développe en une profusion de systèmes concurrents. L'accordéon bi-sonore comprend dès 1834 la totalité de la gamme chromatique avec le système proposé par A. Foulon. Au tournant du XXe siècle, on voit apparaître l'accordéon à trois rangées, toujours bi-sonore, chromatique ou diatonique. Dans le même temps, la puissance industrielle de fabricants allemands comme Hohner commence à imposer comme standard l'accordéon à deux rangées diatoniques séparées par une quarte ascendante.

La facilité d'entretien de l'accordéon diatonique est probablement un facteur de désaffection pour la cabrette, qu'il finit par remplacer dans les bals-musette tels qu'on les connaît aujourd'hui. Il est lui-même remplacé par l'accordéon chromatique par la suite, dans ces mêmes bals-musette, dont le quartier parisien de Saint-Germain est un haut lieu.

Dans la première moitié du XXe siècle en Europe, le remplacement de l'accordéon bi-sonore par l'accordéon uni-sonore, lié à la disparition de la société traditionnelle, conduisent pratiquement à l'extinction de l'instrument. En France, c'est sous l'impulsion des mouvements revivalistes de la seconde moitié du XXe siècle que l'accordéon bi-sonore est sauvegardé et voit sa pratique reprendre.

Facture

D'un point de vue organologique, l'accordéon diatonique partage la quasi-totalité de ses caractéristiques avec l'accordéon chromatique. Les différences principales reposent sur son côté bi-sonore, c'est-à-dire qu'une touche produit une note différente selon qu'on pousse ou tire sur le soufflet, ainsi que sur sa mécanique main gauche. Du fait de sa bi-sonorité, il faut alors deux fois moins de touches qu'un accordéon uni-sonore pour couvrir un même registre. L'instrument est ainsi plus léger et compact, le nombre de pièces de précision (plaquettes ou sommiers, par exemple) étant réduit.

L'accordéon diatonique est composé de trois parties principales : la caisse main gauche et la caisse main droite, séparées par un soufflet. Les caisses main gauche et main droite sont le plus souvent en bois, que ce soit en contreplaqué ou en bois massif. Elles sont soit vernies, soit peintes, soit recouvertes de celluloïd. À l'intérieur de chacune des caisses se trouvent les sommiers.