Le Journal de Saint-Eugène.

27/10/2017

1910-1912

Alors que la plupart des Français lisaient de grands quotidiens régionaux et nationaux, le village de Saint-Eugène vit naître en janvier 1910 son propre journal local. Destiné à paraître une fois par mois, c'était en réalité un bulletin paroissial comportant 4 feuilles et rédigé par le père Augros, curé de la paroisse.

Dans son numéro 1, le prêtre explique que les 627 habitants du village sont répartis sur 3556 hectares, que de ceux qui vivent à Ez-Crot sont distants de 15 kilomètres de ceux qui habitent Glorienne, et que ceux des Bourbes demeurent à 8 kilomètres de ceux qui sont à Chez-Deschamps. Ce journal se veut donc un lien qui les unira malgré les distances.

A la lecture des 12 numéros de cette première année d'existence, au milieu des annonces paroissiales, des sermons et des encouragements à assister aux messes, on note des articles sur l'hygiène, des publicités et quelques nouvelles de la vie du village, ainsi que de ceux de Dettey et la Boulaye.

Ainsi, en janvier, nous apprenons qu'en 1909, Saint-Eugène à vu 23 baptèmes, 8 décès, 9 mariages et 13 premiers communiants. On indique aussi le cours des produits sur les foires de la région.

En février, on annonce avec fierté le nom des 7 conscrits du village qui vont passer le conseil de révision. Ils sont de la classe 1909. (ils auront 25 ans en 1914 !) Ils s'appelaient:

- François Durand, né le 21 juin 1889 à Anost

- Claude Gaudiau, né le 7 mars à Saint-Nizier

- Antoine Gauthier, né le 20 août à Dettey

- Claude Jault, né le 27 juin à Uxeau

- Jean-Baptiste Rhéty, né le 2 mai à Saint-Eugène

- François Rizard, né à Sainte-Radegonde et Emile-Maurice Tacher, pour qui nos recherches n'ont pas fourni d'état civil.

Si l'on peut dire, cette classe a eu plus de chance que d'autres puisque seul J.B. Rhéty tombera à l'ennemi, le 29 août 1914 à Rozelieures. Les autres revinrent chez eux, blessés ou malades et d'autres furent exemptés. Gaudiau, par exemple était atteint d'une forte surdité. Notons simplement la mobilité des familles à cette époque, puisque si tous habitaient Saint-Eugène en 1910, un seul apparemment y était né.

Pour en revenir à notre "Journal de Saint-Eugène", en mars 1910, on parle des graves inondations qui ont dévasté une grande partie de la France. En avril, on signale le décès de l'abbé Ecoure, ancien curé du village, né à Sommant le 26 octobre 1963 et mort à Perrecy le 7 avril 1910, à 47 ans.

En mai, on mentionne les résultats des législatives, et en septembre, le décès du Baron de Montbrun, ancien conseiller municipal et généreux bienfaiteur du village.

En décembre, le père Augros étant muté à Anost, c'est le père Deschamps qui le remplace et qui rédige le Journal de Saint-Eugène. 

Ainsi, vivra cette information mensuelle, mais alors qu'en décembre 1912, l'éditorial annonce que pour la quatrième année, les habitants pourront encore se procurer ce journal pour 1 franc par an, subitement, nous ne trouverons plus aucun numéro aux archives départementales.