La musique morvandelle.

17/11/2017

La vielle à roue:

 La vielle à roue est un instrument à cordes, frottées par une roue en bois au lieu d'un archet. La roue est actionnée avec une manivelle de la main droite, pendant que la main gauche joue la mélodie sur un clavier.

Histoire de la vielle à roue

La vielle à roue apparaît au Moyen Âge, dès le IXe siècle. Elle nécessitait deux personnes, une pour tourner la roue, l'autre pour jouer. On trouve de nombreuses représentations de vielle à roue sculptées (chapiteaux d'église) ou peintes, par exemple par Jérôme Bosch. D'abord instrument de cour pour qui Vivaldi a écrit quelques pages, la vielle fut détrônée par le piano-forte et son usage fut alors plutôt réservé aux mendiants. À la fin du XVII° siècle, l'aspect de la vielle est encore simple et rustique, d'une forme à peu près carrée (on l'appelle alors « chiffonie »). C'est seulement à la fin du siècle qu'un luthier commence à monter des mécanismes de vielle sur des corps de guitares ou de luths. Cela donne aux instruments un ton plus doux et en même temps plus fort que celui des vielles anciennes. Au cours du XVIII° siècle, des instruments construits avec beaucoup de soin et richement ornés font leur entrée à la cour. Les luthiers Guersan, Lambert, Louvet, Varquain et Salomon étaient les plus performants vers le milieu du siècle. Pendant cette période, beaucoup d'oeuvres ont été composées pour cet instrument.

La Révolution française va provoquer un second changement profond de l'usage de la vielle, qui revient alors dans le domaine des instruments régionaux et populaires.

Au XIX° siècle, elle tombe en désuétude avant que le Berry, en quête d'identité, ne s'empare de l'instrument ainsi que de la cornemuse pour en faire ses emblèmes. on. Au XX° siècle, dans les années 1960 et 1970, le mouvement « folk » se l'approprie de nouveau et les groupes dits « folkloriques » se constituent.

Depuis, l'instrument est en constante évolution : on l'électrifie et la vielle électroacoustique apparaît.

Aujourd'hui, l'instrument continue à évoluer : on affine toujours et encore la qualité de la vielle et les luthiers sont en quête d'un son pur et précis. L'intérêt pour la vielle a grandi, on la retrouve parfois même dans les compositions modernes de la chanson française.

L'apprentissage de la vielle est depuis les années 1970 possible dans certains conservatoires (Clermont Ferrand, Bourges, Vierzon, Nevers) avec des maîtres-sonneurs.

Facture

Deux cordes, appelées chanterelles, passent par le clavier ; leur longueur de vibration est changée par l'action des touches appelées sautereaux. Le sautereau est un élément du clavier de la vielle à roue qui comprend des tiges coulissantes pour chaque note. Les sautereaux sont fixés sur chaque tige par groupe de deux (deux cordes en chanterelles) et permettent, comme le doigt du violoniste, de déterminer la partie de corde vibrante. Après appui sur la tige du clavier, celle-ci est rejetée par la vibration des cordes, faisant ainsi reculer la paire de sautereaux.

Un nombre variable de cordes, passant hors du clavier, émettent chacune un son, formant ainsi un accord continu : ce sont les bourdons (gros bourdon, petit bourdon, mouche et corde de chien ou trompette). Au-dessous des bourdons se trouvent parfois des cordes sympathiques qui donnent au ton un caractère plus doux.

Parmi les bourdons, une corde particulière donne cette caractéristique originale de la vielle qui est de pouvoir ruthmer une mélodie. Cette corde ne passe pas sur un chevalet fixe, mais repose sur une petite pièce de bois appelée le « chien », elle-même maintenue sur la table d'harmonie par la pression de la corde. Lorsque cette corde vibre suffisamment, la pièce de bois vibre alors sur la table, et génère un son comparable à un grésillement. L'instrumentiste produit cette vibration par une frappe de la manivelle, que l'on appelle « détaché » ou « coup de poignet.