J'ai lu pour vous.....

13/09/2017

La Vie des Cités SNCF à Paray-le-Monial.

 L'association Citétudes Cheminote Parodienne fut créée en 2011, avec pour objectif de rassembler dans un livre, les témoignages de la période 1950 à 1975 sur les cités PLM de Paray-le-Monial.

Cette période d'études a été choisie car elle précède un changement de la société, avec l'électrification de la ligne.

Dans ce livre collectif "La Vie des Cités SNCF de Paray-le-Monial", les auteurs ont réuni les témoignages de plus de 100 personnes rencontrées. Chaque rencontre a donné lieu à une fiche. Les cheminots ou enfants de cheminots ont été assistés par deux scientifiques universitaires, spécialisés SNCF, et un sociologue de Dijon. Tous ont collaboré avec les associations locales, les musées, et avec des cheminots de Montchanin, Aulnois, Laon, Melun et le centre national des archives SNCF. 

C'est un travail méthodique. Plus de 900 documents sur informatique, 200 photos sur la vie des cités ont été consultés ou recueillis. Ce travail a demandé de la rigueur. Il en ressort des aspects de convivialité, de solidarité, de respect social et le refus d'assistanat. Le quotidien d'une cité de 1 000 habitants dans la ville, avec un patrimoine à conserver, sa Coop, son église, ses écoles.

Un livre a été édité en 2016 par l'imprimerie Juif de Gueugnon. On peut encore se le procurer.

A sa sortie, le maire de Paray-le-Monial, Jean-Marc Nesme écrivait:

" Le Rail et la population cheminote ont, pendant de très nombreuses années, rythmé la vie parodienne en donnant naissance à un quartier complet dont certains édifices ont été classés au patrimoine du XX° siècle, en procurant des milliers d'emplois au carrefour d'un axe ferroviaire stratégique pour la France, en générant une vie sociale et culturelle intense qui a marqué l'histoire de Paray-le-Monial."

Les gens qui ont vécu dans les cités SNCF, à l'époque des machines à vapeur, se souviennent de ces appartements de quatre pièces, tous identiques. Ils avaient tout sous la main : la coopérative, avec la boucherie, les légumes, les fruits, le pain, ainsi que le vin que les hommes allaient chercher en brouette avec leur tonneau.

Au bout de la rue Paul-Cambon, il y avait un commerce de tout, ouvert tous les jours. Il y avait pour chaque bâtiment, un jardin avec une cabane pour les outils. Il y avait aussi les lavoirs où les mères faisaient la lessive ensemble. Les habitants de la cité SNCF ne passaient pas souvent la passerelle pour aller en ville car ils avaient tout ce qui leur fallait pour vivre. Les enfants allaient à l'école de Bellevue. Les garçons avaient leur terrain de foot et les pères leur jeu de boules. Il y avait la carrière Fauchon (terrain face à l'école) où les garçons jouaient parfois sur les wagonnets qui transportaient la terre glaise pour la fabrication des briques.

En rappelant qu'au début du XX° siècle la population parodienne était passé de 5000 à 7000 habitants, de par l'évolution de la voie ferrée, le professeur d'histoire contemporaine Christian Chevandier écrivair:

"Ce qui frappe à la lecture de cet ouvrage, c'est que la vie quotidienne qui nous est présentée, nous paraît différente, si loin, alors qu'elle est si proche, qu'il ne s'est passé que quelques décennies depuis, le temps de 2 générations".