Gueugnon - journée nationale de la Laïcité.

09/12/2017

Une conférence et une exposition.

Le 9 décembre 1905, le député Aristide Briand faisait voter une loi instaurant la séparation des Eglises et de l'Etat. Cette loi proclamait la liberté de conscience de chaque citoyen et donnait à la République Française le socle laïque et démocratique qui est encore le sien 112 ans plus tard.

Chaque année, le 9 décembre, les D.D.E.N. (Délégués Départementaux de l'Education Nationale) du secteur de Gueugnon célèbrent cette "Journée de la Laïcité" en organisant un événement: conférence, exposition, film, spectacle, etc...

Cette année, ils ont invité Jacques Broyer, ancien Inspecteur de l'Education Nationale et ancien responsable de l'Institut Universitaire de Formation des Maîtres de Mâcon, à présenter une conférence intitulée: "Pierre Vaux, une vie sacrifiée". En parallèles, une exposition, "Les Enjeux de la Laïcité" était visible au rez de chaussée du Château d'Aux.

Jacques Broyer, qui a consacré un livre à Pierre Vaux est revenu sur cette affaire judiciaire hors du commun et a donné une multitude de détails sur la vie et le parcours de cet homme exceptionnel.

Pour ouvrir cette conférence, Jeanne Joly, présidente des DDEN du secteur a présenté M. Broyer, puis Odette Lepetit, présidente de l'Union DDEN 71 a rappelé la mission des Délégués Départementaux. Parmi n'assistance, on notait la présence de Nadia Laatar et Fernand Bouiller, adjoints au maire de Gueugnon.

Pierre Vaux, né en 1821 à Ecuelles, fut élève à l'Ecole Normale de Mâcon de 1842 à 1844. Instituteur puis maire de Longepierre, il fut accusé d'être l'auteur, avec d'autres, d'une série de 25 incendies dans la commune. Condamné en 1852 aux travaux forcés, il sera déporté à Cayenne. Bien qu'innocenté par la suite, il périra au bagne en 1875, à l'âge de 54 ans.

Grâce à l'obstination de son fils, Pierre Vaux sera réhabilité en 1897 et de nombreuses rues et places portent aujourd'hui le nom de cet instituteur martyr.

Cette terrible histoire, Jacques Broyer, avec toute la passion qu'on lui connaît, l'a développée devant un public attentif. Au dela de l'histoire, déjà tragique et captivante, le conférencier a décortiqué le cheminement d'un homme modeste, ayant une formation de sabotier, devenu un instituteur fin et cultivé,  les évènements qui se sont enchaînés pour que cet homme honnête et droit se trouve pris dans un engrenage qui allait entraîner sa condamnation, sa déportation à Cayenne jusqu'à sa mort. Un récit riche et vivant qui a passionné l'assistance.

L'exposition est visible au Château d'Aux, jusquau 17 décembre.