Un 20 mai à Autun

20/05/2018

Décès de Bernard Chapulliot (2006)

Cette saison cycliste 2018 s'est ouverte, il y a moins d'un mois à Vendenesse-sur-Arroux et nous aurons de temps en temps une épreuve à nous mettre sous la dent, entre Autun et Digoin.

Qu'il est loin le temps où les coureurs étaient sollicités chaque semaine dans de nombreuses communes et villages de la région !

Prenons par exemple le cas de la ville d'Autun. Au sortir de la Seconde Guerre Mondiale (1946-1950) quantité de prix se disputaient tout au long de la saison :

en mars : le Grand Prix Beaumont,

en avril : le Prix de la Pédale Sportive, Autun-Saulieu et retour, le Prix du Relais du Morvan,

en mai : le Grand Prix des magasins Sive, le Grand .Prix Des Commerçants, le Prix du Bois de Sapin

en juin : le Grand Prix Montéca,

en juillet : le Prix des Chaussures Roc, le Prix du Meuble, le Prix de la Brasserie Demont, le Prix Bureau, le Prix Cazotte,

en août : le Prix Ménager, le Grand  Prix de l'Echo du Morvan,

en septembre : le Prix de la Libération, le Prix du Café Bleu, le Grand Prix de la Ville.

Toutes ces épreuves attiraient les champions du département, mais aussi ceux des autres régions, voire des étrangers. Le public autunois applaudissait et encourageait les coureurs locaux de la Pédale Sportive Autunois. C'était l'époque d' André Bérard, de Pierre Gaulias, d'Adolphe Gimeno, de Jacques Grallien, d' Henri et Julien Jacqueson, et de bien d'autres encore.

Pour notre part, nous nous sommes penchés sur la carrière de Bernard Chapulliot, qui fut l'un des grands amateurs de cette période et dont le décès survint un 20 mai.

Né à Lacanche le 18 mai 1925, il était licencié à la P.S.A. Dès la fin du conflit mondial, il commença d'écrire son nom au palmarès des diverses courses cyclistes des environs.

Ainsi en 1946, il fut second à Saint-Honoré-les-Bains (4 août) derrière le Neversois Maurice Prédy. Puis, pour le 15 août, il remporta le Prix de la Brasserie Demont à Autun. Il fut encore, cette année-là, 4° à la Clayette et au Prix de la Saint-Maurice à Gueugnon, 5° au Prix de la Croix-Menée au Creusot et au Prix de l'Oiseau à Couches, 6° à St-Vallier et 7° du Circuit de l'Est à Montceau.

1947, alors qu'il a 22 ans, fut l'année de la révélation. Dès le 11 mai, il triomphait au Prix des Commerçants d'Autun devant son ami creusotin Jean Nemo, puis il récidivait le 15 mai au Prix  Thibaux à St-Germain-du-Plain devant le Chalonnais Henri Bernard et le 18 mai au Prix du quartier St-Charles au Creusot. Voilà une saison qui partait on ne peut mieux ! Le 25 mai, il terminait 3° au Prix Moreau à Avallon et le lendemain, 3° du Prix du Stade Sénonais. Le premier juillet, il était second du Circuit des Vins de Bourgogne à Dijon. Enfin, il renouait avec la victoire le 20 juillet au Prix Honoré-Gilly au Creusot devant le Montcellien Robert Auclerc.

Le lendemain, il était 3° du Prix de l'Oiseau à Couches (remporté par le blanzynois Fernand Vigneron). Après avoir participé à la course Bourg-Genève-Bourg (10°), il obtenait un nouveau succès au Prix de la Libération d'Autun devant Auclerc et Bernard Morel.

1948 fut aussi une belle année. Terminant 2° du Grand Prix Beaumont à Autun le 29 mars, il fut sélectionné pour le Circuit des 6 Provinces, ce qui correspondait à l'époque au Circuit du Dauphiné-Libéré actuel. Il y prit la 30° place. Il avait aussi participé à la Polymultipliée (19°).

Le 16 mai, il était second du Grand Prix Sive à Montceau derrière Nello Laurédi, le 27 juin, 3° du Prix de la Saint-Jean à Bourbon-Lancy, le 20 juillet, 2° du Prix du Bourg-Bassot à Mercurey et le 25 juillet, 3° du Prix des chaussures Roc à Autun. La victoire lui souriait à nouveau le 15 août au Circuit des 2 Ponts à Montceau (devant Louis Gauthier).

La saison se termina par de belles places : 2° du Grand Prix de l'Union Vélocipédique Chalonnaise, 3° à Sanvignes, etc...

Cette belle réussite lui permit de signer un contrat avec la firme Alcyon- Dunlop pour les deux années suivantes. Ce qui fait que Bernard Chapulliot courut parfois loin de ses bases autunoises.

En 1949, il participa à nouveau au Circuit des 6 Provinces (20°), mais aussi au Tour du Doubs (6°).

Le 19 juin il fut second du Prix du Courrier de Saône-et-Loire à Chalon derrière le Roannais Custodio Dos Reis et second encore du Grand Prix de Blanzy derrière le Caladois Hugues Guelpa.

En 1950, en mars, il termine 14° du Circuit de Côte-d'Or remporté par le Luxembourgeois Marcel Ernzer. Pour Bernard, 2 victoires vont se succéder au Prix Thibaux à St-Germain du Plain le 18 mai, puis à Montchanin-le-Haut le 29 mai. Il sera encore second au Prix du Trentenaire de l'U.V.Chalon derrière le Polonais du Creusot, Alexandre Sowa.

Les années qui vont suivre n'auront plus la même saveur. Il obtiendra encore de belles places d'honneur mais, d'après nos fiches, le succès va le bouder.

En 1951, il sera 3° au Grand Prix de Blanzy, 2° dans son village natal de Lacanche, 4° du Prix de la Libération d'Autun et du Prix de la Renaissance à Dijon.

En 1952, il terminera 2° de la première étape du Circuit de Saône-et-Loire derrière Maurice Roidot du Creusot. Il prendra la 4° place de Dijon-Lyon et à Bourbon-Lancy, et la 5° place du Critérium de Marcigny.

En 1953, nous notons : 2° du Prix Erbel à Dijon, 4° du Prix du Palais de la Viande à Dijon, 2° à Chauffailles et 4° à la Croix-Menée.

Il terminera sa carrière en 1954, sans performances marquantes.

Bernard Chapulliot est décédé à Autun le 20 mai 2006.