Au bon vieux temps.

04/11/2017

Au bon vieux temps des majorettes...

- Nous débutons aujourd'hui une série intitulée "Au bon vieux temps...". Nous y traiterons des coutumes, des métiers ou de personnages disparus - ou presque totalement disparus -, mais qui participaient à la vie de tous les jours, il n'y a pas si longtemps que ça. -

Nous débuterons par les majorettes:

Né aux USA dans les années 30, le mouvement "majorettes" s'exporte dans l'Hexagone en 1961. Dans les années 1961-1970, il était inenvisageable qu'un événement festif se déroule dans la présence d'une compagnie de majorettes. Kermesse, cavalcade, fête patronale, corso fleuri, inauguration, elles ouvraient toujours le défilé, suivies d'une fanfare qui rythmait leurs pas.

Souvent, elles étaient l'émanation d'une société de gymnastique dont elles bénéficiaient d'une avance financière, mais parfois, d'autres troupes démarraient à partir de rien. 

Il fallait confectionner les costumes de parade en se débrouillant avec les mamans couturières, les baguettes avec les tringles à rideaux, des coiffes en carton, acheter des bottines, des plumes, etc..

Le moyen le plus répandu de faire rentrer des fonds était la vente de cartes postales au long du parcours des défilés. Les fanfares en faisaient d'ailleurs autant.

Les costumes deviennent de plus en plus chatoyants, les danses et les circonvolutions de plus en plus artistiques et les jeunes filles sont de plus en plus nombreuses à défiler chaque week-end, sous le regard admiratif ou goguenard de leurs camarades de classe. 

Puis, des petites manifestations du coin, elles passèrent aux grands événements parfois très éloignés de chez elles et aux festivals internationaux. Quel honneur de porter le drapeau de la compagnie au plus profond de la France et de l'Europe !

Des contrats se signaient et des grands prix d'élégance étaient décernés.

Après les majorettes, naquirent les minorettes, Des petites filles jusqu'aux adultes, on s'entraînait durement pour faire tourner les bâtons, défiler au pas et travailler de nouvelles chorégraphies.

Mais petit à petit, peut-être sous l'effet d'une américanisation avec les pompom girls et les cheerleaders, les magnifiques costumes se transformèrent en justaucorps agrémentés de jupettes. Les majorettes étaient devenues ringardes ! Pourtant elles avaient fait les beaux jours de Pierre Perret, de Monsieur Cyclopède et la gloire de Josiane Balosko dans "Nuit d'Ivresse" (1986).

Le twiling bâton, plus cantonné dans les spectacles de salle et aux évolutions gymniques, remplaça les défilés de majorettes. La discipline prend un virage sportif : pour gagner, il faut présenter un programme hypercardiaque mêlant technique, grâce et déplacements synchronisés. Seule relique du temps passé : le bâton. La musique n'a plus rien de martiale mais tient plutôt de Beyoncé, et les déhanchés font leur apparition. Britney Spears est passée par là : plus c'est pailleté, mieux c'est noté. C'est un monde de compétition, d'affrontement dont le côté folklorique à disparu.